Lieu historique national du Canada de la Ferme-Expérimentale-Centrale

Ottawa, Ontario
Vue générale du bâtiment des récoltes céréales à la Ferme expérimentale centrale, 1995. © Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada, 1995.
Vue générale
© Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada, 1995.
Vue générale du bâtiment des récoltes céréales à la Ferme expérimentale centrale, 1995. © Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada, 1995.Vue générale des serres à la Ferme expérimentale centrale, 1995. © Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada, 1995.Vue générale de la grange principale à la Ferme expérimentale centrale. © Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada.
Adresse : 930, rue Carling, Ottawa, Ontario

Loi habilitante : Loi sur les lieux et monuments historiques (L.R.C. (1985), ch. H-4)
Date de désignation : 1997-09-22
Dates :
  • 1886 à 1980 (Construction)

Événement, Personne, Organisation :
  • Thomas Fuller  (Personne)
  • Sir John Carling  (Personne)
  • William Saunders  (Personne)
  • James Fletcher  (Personne)
Autre nom(s):
  • Ferme expérimentale centrale  (Nom de la désignation)
Numéro du rapport de recherche : 1997-043
Numero RBIF : 08625 00

Plaques


Plaque existante:  930, rue Carling, Ottawa, Ontario

Paysage culturel exceptionnel en milieu urbain, la Ferme expérimentale centrale fait état de deux préoccupations importantes au XIXe siècle : le progrès agricole et l'aménagement pittoresque. Établie par le gouvernement fédéral en 1886, la ferme a contribué au développement de l'agriculture grâce à d'importantes recherches scientifiques ainsi que par l'élaboration et l'expérimentation de nouvelles méthodes. Les 426 hectares qui la composent sont organisés en trois composantes distinctes : l'aire centrale, qui accueille les immeubles des sciences et de l'administration, un arboretum complété par des jardins ornementaux, enfin des parcelles voisinant des champs de culture expérimentale. Le coeur de cette ferme modèle comprenait alors la grange principale réservée aux vaches laitières et des étables adjacentes réparties autour d'une cour. Dans le but de rehausser la beauté naturelle des lieux, chacune des trois composantes du paysage s'intègre en un ensemble organique. Adoptant le caractère bucolique de la campagne anglaise, la ferme incorpore aux vastes étendues de verdure et de culture des plans d'eau et des sentiers. Ce site symbolise bien l'importance de l'agriculture dans le développement du Canada.

Description du lieu patrimonial

Le lieu historique national du Canada de la Ferme-Expérimentale-Centrale, situé dans une banlieue d’Ottawa, en Ontario, comprend diverses structures et différents bâtiments dans un vaste paysage rural. Flanqué de grandes terres agricoles, son noyau central est constitué de services administratifs regroupés dans divers bâtiments éclectiques et pittoresques, d’un arboretum, de plantations, et de jardins paysagers. La reconnaissance officielle a trait au paysage culturel et à ses éléments naturels, bâtis et paysagers au moment de la désignation.

Valeur patrimoniale

La Ferme expérimentale centrale a été désignée lieu historique national du Canada en 1997 parce que : cette ferme de plus de 400 hectares située au coeur de la capitale nationale incarne, en tant que paysage culturel, la philosophie agricole du XIXe siècle et elle réunit dans une composition pittoresque soigneusement agencée un centre administratif, une série d'autres bâtiments, des arboretums, des jardins d'ornement, des massifs d'exposition et des parcelles expérimentales; depuis sa création en 1886, la ferme a apporté une importante contribution à la science agricole au Canada en alliant l'expérimentation avec la vérification pratique, comme en témoigne la création des variétés de blé rustiques qui ont tant favorisé l'essor de l'agriculture dans l'Ouest canadien; la Ferme expérimentale centrale, une des rares fermes implantées en milieu urbain, est, en outre, devenue un symbole du rôle vital qu'a eu l'agriculture dans la formation du pays.

En 1886, dans sa volonté de créer de nouvelles méthodes et de nouveaux produits agricoles rentables, le gouvernement fédéral crée la Ferme expérimentale centrale. Le ministère de l’Agriculture choisit une parcelle rectangulaire de plus de 400 hectares, située à environ 3 kilomètres de la Colline du Parlement. Située dans un endroit idéal en raison de ses différents sols et de sa proximité aux transports terrestre, maritime et ferroviaire, la ferme dessert l’Ontario et le Québec. Ottawa s’est graduellement étalé de sorte que la ferme se trouve maintenant dans un milieu urbain, à l’intérieur des limites de la ville.

La ferme comporte trois zones clairement définies : le noyau central des bâtiments et espaces à vocation administrative et scientifique et des dépendances; les champs et parcelles expérimentaux avec leurs brise-vent; l’arboretum, les jardins paysagers et les haies expérimentales. Le paysage pittoresque de la ferme est le résultat d’un mouvement popularisé par des théoriciens et des praticiens anglais du XVIIIe siècle qui voulaient idéaliser la nature dans leurs aménagements paysagers. Une des conventions de ce mouvement préconise l’adoption de certaines caractéristiques des domaines ruraux anglais, y compris les vastes pelouses et les champs, les plans d’eau, les bosquets d’arbres et d’arbustes, et les sentiers sinueux. Ces éléments visent à mettre en valeur les qualités visuelles inhérentes de la nature, comme les irrégularités, la diversité, la complexité des formes, des couleurs et des textures et privilégient l’intégration harmonieuse des dépendances ainsi que des bâtiments à vocation scientifique et administrative. Les qualités pittoresques de la ferme représentent un aspect important de la philosophie de l’agriculture au XIXe siècle.

Cette philosophie recommandait aussi le recours à la chimie et à la génétique pour rendre la vie agricole plus productive et attrayante. Ses partisans voulaient élaborer de meilleures méthodes agricoles en appliquant des principes scientifiques à l’agriculture. Depuis sa création, la ferme expérimentale centrale a joué un rôle clé dans le développement de l’agriculture au Canada grâce à ses travaux de recherche scientifique, d’expérimentation et de vérification pratique. La Ferme a abordé des questions comme la santé humaine et animale, l’importation de plantes et de bétail, l’identification des insectes ravageurs importés et la lutte contre ces derniers, de même que la fertilité du sol. La ferme a également contribué à l’expansion de l’agriculture dans l’Ouest canadien en mettant au point des souches rustiques de blé, et dans l’Est canadien, en faisant des recherches sur les plantes fourragères et les graminées. La ferme est rapidement devenue le noyau d’un réseau national de fermes expérimentales, en raison de son emplacement central et de son administration mis au service d’un vaste éventail d’enjeux agricoles nationaux.

Source : Commission des lieux et monuments historiques du Canada, Procès-verbal, juin 1997.

Éléments caractéristiques

Les principaux éléments qui donnent au lieu sa valeur patrimoniale sont les suivants : son emplacement, dans la banlieue d’Ottawa, où se trouve une grande variété de sols, des champs déboisés et différents bâtiments; son apparence pastorale, de même que la régularité et l’ordre indispensables aux recherches scientifiques; son aménagement constitué de trois zones clairement définies : le noyau central des bâtiments à vocation scientifique et administrative et les dépendances; les champs et parcelles expérimentaux avec leurs brise-vent; l’arboretum, les jardins paysagers et les haies expérimentales; les bâtiments représentatifs de l’esthétisme pittoresque par leur échelle proportionnée, leur volume diversifié et leurs silhouettes.

Les principaux éléments qui donnent au noyau central sa valeur patrimoniale sont les suivants : le caractère intime de la zone intérieure et son atmosphère de campus; l’échelle et le plan harmonieux de la promenade et de la rue Prince-de-Galles, qui relient la ferme à la ville, et qui ont évolué à partir des axes nord-sud et est-ouest du plan d’origine des années 1880; l’implantation et la conception des bâtiments d’administration au revêtement extérieur de bois, et les rapports entre eux et le paysage, qui révèle leur vocation initiale et l’aménagement conforme au plan pittoresque d’origine des années 1880; les associations entre les bâtiments et les personnalités clés du développement de l’agriculture au Canada, comme William Saunders, Charles Saunders et sir John Carling;
- les petits bâtiments, d’un étage, au parement avec couvre-joints, témoigne de leur rôle permanent au sein d’un ensemble de dépendances; la ferme modèle dont l’aménagement illustre la disposition la plus efficace et ordonnée des bâtiments d’une ferme.

Les principaux éléments qui donnent aux champs et parcelles expérimentaux avec leurs brise-vent leur valeur patrimoniale sont les suivants : l’organisation ordonnée des champs selon une grille soulignée par le réseau régulier de routes et de voies d’accès, ainsi que les clôtures intérieures caractéristiques avec leurs poteaux rouges aux extrémités blanches; les champs dégagés de différentes superficies, couleurs et textures et variations saisonnières; la relation entre les champs dégagés et la rue complètement masquée avec ses bordures et ses lampadaires caractéristiques d’une promenade, qui soulignent l’intégration d’une ferme dans une ville; les brise-vent, constitués d’arbres rustiques qui protègent les champs; les bâtiments à vocation scientifique et administrative au revêtement en brique; les vues, dont celle à l’intersection des rues Baseline et Fisher, celle vers le sud-ouest de l’avenue Carling vers les champs ainsi que la perspective encadrée vers l’est de l’avenue Fisher le long de Cow Lane, et la perspective à n’importe quel endroit en bordure de la ferme vers les champs.

Les principaux éléments qui donnent à l’arboretum et aux jardins paysagers leur valeur patrimoniale sont les suivants : la nature pittoresque du lieu, comme en témoigne l’utilisation ingénieuse de la topographie et des plans d’eau, l’intégration, dans la composition visuelle, des rives du canal Rideau, du lac Dow et des lagunes; la répartition des allées dans l’arboretum, selon un aménagement pittoresque aux promenades sinueuses et aux perspectives changeantes; les structures en verre et en métal des serres; l’arboretum comme tel, notamment sa grande variété d’arbres et d’arbustes, plantés pour déterminer les arbres convenant le mieux aux diverses zones de rusticité du Canada.