Lieu historique national du Canada Africville

Halifax, Nouvelle-Écosse
Vue aérienne de Africville avant la relocalisation, vers 1958. © Library and Archives Canada | Bibliotheque et Archives Canada, C.M.H.C., PA-170741.
Vue aérienne
© Library and Archives Canada | Bibliotheque et Archives Canada, C.M.H.C., PA-170741.
Vue aérienne de Africville avant la relocalisation, vers 1958. © Library and Archives Canada | Bibliotheque et Archives Canada, C.M.H.C., PA-170741.Vue aérienne de Africville avant la relocalisation vers 1964. © Library and Archives Canada | Bibliothèque et archives Canada, Ted Grant, Mikan 3596781.
Adresse : Parc Seaview, Africville, Halifax, Nouvelle-Écosse

Loi habilitante : Loi sur les lieux et monuments historiques (L.R.C. (1985), ch. H-4)
Date de désignation : 1997-09-22
Dates :
  • 1830 à 1969 (Significative)

Événement, Personne, Organisation :
  • Burnley “Rocky” Jones  (Personne)
  • Société généalogique d'Africville  (Organisation)
  • Église baptiste africaine unifiée de Seaview  (Organisation)
  • Famille Carvery  (Inconnu)
Autre nom(s):
  • Africville  (Nom de la désignation)
Numéro du rapport de recherche : 1996-010

Plaques


Plaque existante:  la parc de Seaview, Halifax, Nouvelle-Écosse

Pendant plus d'un siècle, des Afro-Canadiens ont maintenu ici une communauté autonome centrée sur des valeurs familiales et religieuses. Dans la vague des rénovations urbaines des années 1960, les autorités imposèrent un plan pour raser les lieux et reloger les habitants. Bien qu'aucun édifice n'ait été sauvegardé, la mobilisation de la collectivité a fait d'Africville un symbole de la lutte permanente des Afro-Canadiens pour défendre leur culture et leurs droits. Le parc Seaview, aménagé en mémoire d'Africville, évoque la persistance des valeurs communautaires.

Description du lieu patrimonial

Le lieu historique national du Canada Africville est un lieu de commémoration pour la collectivité afro-canadienne de Halifax. Une communauté noire d'importance historique y habitait, mais les maisons ont été démolies dans les années 1960 et le terrain, qui est une propriété municipale, a été réaménagé pour en faire le parc Seaview. Africville est située à l'extrémité nord de la rue Barrington qui donne sur le bassin Bedford, au-dessous du pont A. Murray MacKay. Elle constitue un symbole de l'organisation communautaire des Afro-Canadiens, si bien que les gens qui honorent la lutte contre le racisme y vont en pèlerinage. Un monument en forme de cadran solaire commémorant l'ancienne collectivité trône au milieu de ce terrain dégagé. La désignation a trait au paysage et aux ressources associées, y compris quelques vestiges de fondations.

Valeur patrimoniale

Africville a été désigné lieu historique national du Canada en 1996 parce que : avant son relogement dans les années 1960, cette communauté était représentative des établissements de Noirs en Nouvelle-Écosse, notamment à cause de son organisation sociale et de son emplacement géographique situé à la périphérie de la société blanche, ce qui constitue une métaphore; vu l'émergence d'un esprit de confrontation et d'une conscience politique plus marqués au sein de la culture noire, la démolition d'Africville au nom du réaménagement urbain est devenue pour les Afro-Canadiens un symbole durable de la nécessité de se montrer vigilant pour défendre leurs institutions.

À l'origine, Africville était peuplée par des Afro-Canadiens qui cherchaient un emploi à Halifax dans les années 1830 et 1840. Au cours du XIXe siècle, cette communauté a grandi, jusqu'à disposer de sa propre école et de sa propre église, l'Église baptiste africaine unifiée de Seaview. Au fil des ans, la ville de Halifax a constamment refusé de fournir à cette collectivité les services municipaux communautaires, et elle a profité du mouvement de rénovation urbaine des années 1960 pour raser le site. Malgré les protestations de la collectivité, elle a été démantelée et ses membres ont été relogés ailleurs dans la ville. Mais une campagne demandant réparation a finalement été organisée, si bien qu'Africville a pris une connotation symbolique qui persiste encore de nos jours et représente pour les Afro-Canadiens la nécessité de défendre fièrement et avec vigilance leurs institutions et leurs traditions. À ce titre, Africville a servi d'inspiration à d'autres collectivités afro-canadiennes. Elle a aussi engendré des chefs, comme les membres de la famille Carvery et Burnley «Rocky» Jones, le renommé défenseur des droits de la personne. Le terrain a été aménagé par la ville en parc municipal, le parc Seaview, qui est devenu un lieu de pèlerinage annuel pour la Société généalogique d'Africville, un organisme composé d'anciens résidents et de leurs descendants.

Source : Commission des lieux et monuments historiques du Canada, Procès-verbal, juin 1996.

Éléments caractéristiques

Parmi les caractéristiques qui confèrent à ce site sa valeur patrimoniale, notons : sa situation à l'extrême nord de la ville; son paysage dégagé; les vestiges archéologiques potentiels de l'ancienne communauté; l'emplacement, la forme et les matériaux du cadran solaire commémoratif; la pérennité de l'utilisation du site par la collectivité afro-canadienne; le maintien de l'accès du public au site.