Lieu historique national du Canada de l’Ancien-Pensionnat-Indien-de-Kamloops
Kamloops, Colombie-Britannique
Ancien pensionnat indien de Kamloops, vers 1930
(© Archives Deschâtelets-NDC, Fonds Deschâtelets | Archives Deschâtelets-NDC, Fonds Deschâtelets)
Adresse :
330, 345, 357, 363, Chemin Chief Alex Thomas, Tk'emlúps te Secwépemc, Kamloops, Colombie-Britannique
Loi habilitante :
Loi sur les lieux et monuments historiques (L.R.C. (1985), ch. H-4)
Date de désignation :
2024-08-13
Dates :
-
1978 à 1978
(Significative)
-
1962 à 1962
(Altération additionelle)
-
1890 à 1890
(Établissement)
-
1938 à 1938
(Addition)
-
1942 à 1942
(Autre addition)
Autre nom(s):
-
L’ancien pensionnat indien de Kamloops
(Nom de la désignation)
-
École industrielle de Kamloops
(Autre nom)
-
Pensionnat St. Louis
(Autre nom)
-
Le Estcwicwéy
(Autre nom)
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Chief Louis Centre
(Autre nom)
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Pensionnat de Kamloops
(Autre nom)
-
École industrielle indienne de Kamloops
(Autre nom)
-
École indienne de Kamloops
(Autre nom)
-
K.I.R.S.
(Autre nom)
-
Pensionnat indien de la mission St. Louis
(Autre nom)
-
L'auberge Kamloops
(Autre nom)
Numéro du rapport de recherche :
2023-37, 2023-37-A
Plaques
Inscription approuvée: sur le site de l'ancien pensionnat, 330, Chief Alex Thomas Way, Tk’emlúps te Secwépemc (Kamloops), Colombie-Britannique
Les enfants de plus de 108 communautés et d’au moins 38 Nations autochtones de Colombie-Britannique et d’ailleurs sont retirés de force de leur foyer et envoyés ici. Ils y subissent abus psychologiques, physiques, émotionnels, spirituels et sexuels, travail forcé, malnutrition et maladies. Nombre d’eux meurent et ne rentrent jamais chez eux. Géré par l’Église catholique, ce pensionnat est le plus grand d’un système conçu pour détruire les cultures autochtones. Il est qualifié de génocide notamment par les Survivants, le pape François 1er et la Chambre des communes. Les effets des traumatismes sont profonds, permanents et intergénérationnels. Tk'emlúps préserve quatre bâtiments pour commémorer et raconter ce passé et revitaliser la langue, l’histoire et la culture secwépemc.
Description du lieu patrimonial
Avertissement : Il peut être pénible ou traumatisant de lire sur les pensionnats autochtones. Une ligne d’écoute téléphonique des pensionnats autochtones a été établie à l’échelle du pays pour offrir un soutien aux anciens élèves des pensionnats et à leur famille. Appelez la ligne d’écoute téléphonique au 1 866 925 4419 si vous ou quelqu’un que vous connaissez souffrez d’un traumatisme en lisant le contenu de ce site Web.
Le lieu historique national du Canada de l’Ancien-Pensionnat-Indien-de-Kamloops est situé dans la réserve principale de Tk'emlúps te Secwépemc à Kamloops, en Colombie-Britannique, à proximité du confluent des rivières Thompson Nord et Sud, à l’ombre des monts Paul et Peter. Le site comprend quatre bâtiments historiques datant des années 1920 à 1962, ainsi que des éléments paysagers, comme une rangée d’érables devant l’édifice principal et l’ancien verger qui, selon les témoignages des survivants, contient des sépultures anonymes. L’édifice principal est une imposante construction de deux étages et demi revêtue de brique rouge avec des ornements en granite. Son vaste plan est en forme de E et sa volumétrie symétrique se compose d’un pavillon central et de deux ailes reliées par des corridors d’un étage. Le gymnase est un bâtiment d’un étage en stuc coiffé d’un toit à mansarde couvert de bardeaux et doté de contreforts en brique rouge qui rappellent ceux de l’édifice principal. L’atelier est une construction d’un étage parée de bois blanc, avec une entrée principale sur la façade ouest et un toit à pignon à pan coupé présentant des débords de chevron découverts. L’annexe est une construction moderne composée d’une longue aile principale asymétrique de deux étages et d’une aile, plus petite, en forme de L d’un étage. La reconnaissance officielle vise les quatre bâtiments susmentionnés, sur leur tracé au sol.
Valeur patrimoniale
L’ancien pensionnat indien de Kamloops a été désigné lieu historique national du Canada en 2024. Ce lieu est reconnu pour les raisons suivantes :
• fondé en 1890 à Tk'emlúps, dans le Secwepemcúl'ecw, territoire ancestral non cédé des Secwépemc, sous le nom d’école industrielle de Kamloops, cet établissement demeure ouvert jusqu’en 1978 et s’inscrit dans le système des pensionnats imposé aux Peuples Autochtones par le gouvernement canadien et les Églises chrétiennes. Dans le cadre de la politique gouvernementale d’assimilation forcée, ces établissements servent à incarcérer les enfants autochtones, les séparant de leur famille et de leur communauté afin d’éradiquer leurs cultures, leurs spiritualités, leurs langues et leurs traditions. Géré par les congrégations catholiques romaines des Oblats de Marie Immaculée et des Sisters of Saint Ann, le pensionnat de Kamloops est le plus grand établissement d’un système conçu à dessein pour perpétrer ce que la Commission de vérité et de réconciliation appelle un génocide culturel et ce que de nombreux survivants considèrent comme un génocide;
• des enfants provenant d’au moins 90 communautés et 20 Nations autochtones, provenant de la Colombie-Britannique et d’ailleurs, y sont institutionnalisés. Avant la fin des années 1950, les pensionnats fonctionnent selon un système de demi-journée dans le cadre duquel les enfants consacrent la moitié de leur temps aux pratiques religieuses et à la réalisation de travaux physiques qui contribuent financièrement aux écoles et l’autre moitié de la journée, au moins, à leur instruction académique, qui est sommaire et déficiente. L’objectif est de contraindre les enfants à se convertir à la religion et de créer une classe ouvrière de travailleurs autochtones. Retirés de force de leur foyer lorsque la fréquentation scolaire devient obligatoire en 1920, les enfants sont exposés à des sévices physiques, émotionnels et sexuels, au travail forcé, à la malnutrition, à des conditions de vie médiocres et au surpeuplement, à des taux élevés de maladies infectieuses et de décès, et à des soins de santé insuffisants. Les traumatismes vécus par les survivants se répercutent tout au long de leur vie et d’une génération à l’autre dans les familles secwépemc et d’autres familles autochtones, répercussions qui se font encore sentir aujourd’hui;
• il constitue l’un des rares sites de pensionnats qui subsistent au Canada à renfermer un ensemble aussi important de bâtiments et de paysages. Il témoigne concrètement des expériences vécues par des générations d’enfants qui y vivaient et y sont décédés ainsi que de l’histoire globale du système des pensionnats pour Autochtones sous toutes ses formes. Les principaux bâtiments sont l’édifice principal (1923-1929), le gymnase (1938), l’atelier (1942) et l’annexe (1962). Parmi les importantes caractéristiques du paysage, on note une rangée d’érables devant l’édifice principal et l’ancien verger qui, selon les témoignages des survivants et l’application de méthodes archéologiques, contient des sépultures anonymes;
• la communauté de Tk'emlúps te Secwépemc choisi de préserver plusieurs des bâtiments à des fins de commémoration, d’enseignements sur l’incidence des pensionnats sur les enfants et les familles, et de réappropriation de la langue et de la culture secwépemc. En 1982, 17 communautés de la Nation secwépemc signent la déclaration des Shuswap dans laquelle elles conviennent de préserver et de promouvoir la langue, la culture et l’histoire secwépemc. Cette déclaration mène à la création de la Secwepemc Cultural Education Society ainsi que du Secwépemc Museum and Heritage Park à l’emplacement du pensionnat. La communauté de Tk'emlúps te Secwépemc renomme le site de l’ancien pensionnat le « Chief Louis Centre » en l’honneur du leader visionnaire qui plaide en faveur d’une scolarisation bénéfique au peuple secwépemc.
Source : Commission des lieux et monuments historiques du Canada, procès-verbal, décembre 2023.
Éléments caractéristiques
Parmi les caractéristiques qui confèrent à ce lieu sa valeur patrimoniale, notons :
— l’emplacement du pensionnat sur son terrain d’origine, à l’ombre des monts Paul et Peter, au confluent des rivières Thompson Nord et Sud;
— la rangée d’érables devant l’édifice principal et l’ancien verger.
L’édifice principal et :
— son pavillon central de deux étages et demi revêtu de brique rouge avec des ornements en granite;
— son vaste plan en forme de E et sa volumétrie symétrique, composée d’un pavillon central et de deux ailes reliées par des corridors d’un étage;
— ses ailes en forme de L qui se font pendant l’une à l’autre dotées de parapets à pignon aux extrémités les plus éloignées et d’un haut toit en croupe orné de lucarnes, de fenêtres à guillotine répétitives, et d’une garniture continue au-dessus du sous-sol;
— sa travée d’entrée à pignon avec des contreforts décoratifs, une pierre de date et un arc de style Tudor en granite;
— son aménagement du sous-sol, du rez-de-chaussée et des deuxième et troisième étages, avec leurs longs corridors et l’enfilade de pièces de chaque côté des couloirs, correspondant au plan intérieur d’origine de l’édifice;
— ses finis d’origine, dont le métal pressé peint des plafonds;
— ses anciens dortoirs des garçons, vastes et ouverts, en forme de L au troisième étage, conservés dans leur état d’origine, avec des plafonds en pente et une série de lucarnes en retrait donnant sur les quatre directions.
Les bâtiments auxiliaires comprennent :
— le gymnase, avec son revêtement en stuc, son toit à mansarde couvert de bardeaux et ses contreforts en brique rouge qui rappellent ceux de l’édifice principal;
— l’atelier, avec son parement en bois blanc, son toit à pignon à pan coupé présentant des débords de chevron découverts et ses lucarnes rampantes;
— l’annexe, qui est un bâtiment moderne coiffé d’un toit plat et composé d’une longue aile principale asymétrique de deux étages et d’une aile, plus petite, en forme de L d’un étage.