Office national du film

Édifice fédéral du patrimoine classé

Saint-Laurent, Québec
Vue aérienne du complexe de l’Office national du film, 1998. © Public Works and Government Services Canada / Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 1998.
Vue aérienne
© Public Works and Government Services Canada / Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 1998.
Vue aérienne du complexe de l’Office national du film, 1998. © Public Works and Government Services Canada / Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 1998.La façade principale de l'Office national du film, qui montre le revêtement extérieur en brique de couleur chamois, 1998. © Public Works and Government Services Canada / Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 1998.Vue en angle du complexe de l’Office national du film, qui montre le pavillon A et le parc de stationnement , 1998. © Public Works and Government Services Canada / Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 1998.
Adresse : 3155, chemin Côte-de-Liesse, Saint-Laurent, Québec

Loi habilitante : La Politique du Conseil du Trésor sur la gestion des biens immobiliers
Date de désignation : 1998-10-29
Dates :
  • 1953 à 1956 (Construction)
  • 1965 à 1968 (Significative)

Événement, Personne, Organisation :
  • Ross, Patterson, Townsend and Fish  (Architecte)
Autre nom(s):
  • Blocs A, B, C, D, et E  (Autre nom)
Ministère gardien Travaux publics et Services gouvernementaux Canada
Référence du rapport BEEFP 98-026
Numero RBIF : 07013 00

Description du lieu patrimonial

Situé dans la zone industrielle de de l’arrondissement de Saint-Laurent, le long du boulevard Métropolitain, le complexe de l’Office national du film comprend six pavillons modernes reliés dont le revêtement extérieur est en brique de couleur chamois. Chacun des pavillons correspond à une fonction précise, allant des bureaux réservés à l’administration aux locaux reliés à la production de films et à l’entreposage des films. Les édifices de l’Office national du film mettent l’accent sur la frontalité et la symétrie et ne sont pas sans évoquer la forme d’une boîte. Les lignes horizontales, les toitures plates et les ouvertures en bandeaux sont les motifs communs. La désignation se limite au tracé au sol du bâtiment.

Valeur patrimoniale

L’Office national du film est un édifice fédéral du patrimoine classé en raison de son importance, de l’intérêt qu’il présente sur le plan architectural et de la place privilégiée qu’il occupe dans son milieu.

Valeur historique
L’Office national du film constitue l’un des meilleurs exemples de bâtiments associés au thème de la promotion, par le gouvernement, de l’industrie canadienne du film. En regroupant sous un même toit des cinéastes de talent, l’Office est devenu un centre de création d’avant-garde et de découvertes techniques importantes, ce qui a favorisé l’émergence d’une cinématographie canadienne et a fait de l’Office la locomotive de l’industrie canadienne du film. L’Office national du film est l’institution cinématographique d’état la plus réputée du monde industrialisé.

Valeur architecturale
L’Office national du film est un très bel exemple de bâtiments modernes. Les plans du complexe ont été dressés par la firme montréalaise Ross, Patterson, Townsend et Fish. L’Office national du film témoigne d’une très bonne qualité d’exécution qui paraît dans le maniement de l’acier structurel et du béton armé requis pour l’insonorisation des locaux réservés à la production de films.

Valeur environnementale
L’Office national du film se trouve dans la zone industrielle de l’arrondissement de Saint-Laurent, ville de Montréal, le long du boulevard Métropolitain. Il est formé par un complexe de six pavillons liés par des allées, des trottoirs, des stationnements et des accès symétriques. L’Office national du film rehausse le caractère des lieux et constitue un repère familier dans l’arrondissement.

Sources: Martin Dubois, Patri-Arch, Office national du film, 3155, chemin de la Côte-de Liesse, Saint-Laurent (Québec). Bureau d’examen des édifices fédéraux du patrimoine, rapport de recherche 98-026; Office national du film, 3155, chemin Côte-de Liesse, Saint-Laurent (Québec). Énoncé de valeur patrimoniale 98-026.

Éléments caractéristiques

Les éléments suivants, qui définissent le caractère de l’Office national du film, devraient être respectés.

La façon dont l'édifice rehausse le caractère actuel de l’arrondissement où il se trouve, à Saint-Laurent : le volume horizontal de la façade, accentué par le toit plat et les fenêtres en bandeaux; l’élan vertical de l’entrée principale encadrée de granit; l’entrée de l’auditorium, avec son étage en porte-à-faux, le capuchon de la porte et les joints à alignement vertical du revêtement en briques; la régularité et la symétrie de l’intérieur, avec un hall d’entrée ouvert qui débouche sur une cour centrale; l’espace intérieur fonctionnel du grand plateau de tournage dans le pavillon C; et les détails, comme le revêtement en brique.

Énoncé de valeur patrimoniale

Avis de non-responsabilité - L'énoncé de valeur patrimoniale a été mis en place par le BEÉFP, afin de clarifier l'objet de la désignation d'un bâtiment fédéral du patrimoine et ce qui confère à l'édifice son importance patrimoniale. Il est donc un document de référence clé pour toute personne impliquée dans un projet d'intervention sur des édifices fédéraux du patrimoine et il est utilisé par le BEÉFP lors de ses examens d'intervention.

Le complexe de l'Office national du film (ONF) a été construit de 1953 à 1956 selon les plans de la firme montréalaise Ross, Patterson, Townsend & Fish. Deux bâtiments se sont ajoutés au complexe en 1965 et en 1968. Travaux publics et Services gouvernementaux Canada est responsable du bâtiment. Consulter le rapport 98-28 du BEEFP.

Raisons de la désignation
Le complexe de l'ONF a été désigné "classé" en raison de son histoire, de son architecture et de son environnement.

L'ONF a favorisé l'émergence d'une cinématographie canadienne en regroupant sous un même toit des cinéastes de talent, devenant ainsi le coeur d'une création d'avant-garde et de découvertes techniques importantes. Il a joué le rôle de locomotive de l'industrie canadienne du film. L'ONF est l'institution cinématographique d'État la plus réputée du monde occidental.

La construction du complexe de l'ONF s'inscrit dans une époque charnière en architecture où se côtoient conservatisme et avant-gardisme. Le conservatisme formel se lit dans la recherche de frontalité et de symétrie alors que la modernité s'exprime par le dépouillement ornemental, l'horizontalité, les toitures plates et les ouvertures en bandeaux. Le complexe a été conçu par la firme montréalaise Ross, Patterson, Townsend & Fish don't il s'agit d'une des commandes majeures.

L'aménagement paysager à l'avant du complexe a connu peu de changements. Les édifices A, B et C offrent une présence forte mais sobre sur la voie rapide et servent de repère aux automobilistes.

Éléments caractéristiques
La valeur patrimoniale du complexe de l'ONF réside dans la place déterminante qu'il occupe dans l'évolution architecturale du style moderne et dans la qualité des matériaux, des détails architecturaux et de l'exécution.

Le complexe de l'ONF comprend six édifices reliés dont cinq font l'objet de cet énoncé (édifices A, B, C, D et E). Chacun des édifices répond à une fonction précise. L'édifice A (Norman-McLaren) contient la plupart des bureaux administratifs, quelques studios, une salle de cinéma et une cafétéria. Le B, quant à lui, contient des laboratoires, des petits théâtres et des équipements mécaniques. L'édifice C abrite les locaux reliés à la production de films dont le grand plateau de tournage. Enfin, le D loge des studios d'animation et le E, une chambre forte pour l'entreposage des films.

Les formes des bâtiments suivent une logique fonctionnaliste. Les espaces à bureaux largement fenestrés permettent la répétition et la symétrie dans la façade tandis que le plateau de tournage prend la forme d'un grand volume cubique aux murs aveugles. L'horizontalité de l'ensemble est créée par la faible hauteur et par l'étendue des édifices à toit plat. Le revêtement extérieur en brique de couleur chamois, les fenêtres et les portes en aluminium, et les linteaux et appuis en calcaire sont autant d'éléments à conserver pour préserver l'apparence originelle du complexe.

L'édifice A est formé de quatre ailes entourant une cour intérieure. L'horizontalité des façades est exprimée par le toit plat et les fenêtres en bandeaux. Seule l'entrée principale, encadrée de granit, donne un élan vertical à l'élévation. Cette composition est typique du courant moderniste et ne devrait pas être modifiée. L'entrée de la salle de cinéma mérite aussi une attention particulière avec son étage en porte-à-faux, sa marquise et son appareillage de brique à joints verticaux alignés. À l'intérieur, le plan est caractérisé par sa régularité et sa symétrie, et par le dégagement du hall d'entrée, rénové en 1988. La fonction publique de celui-ci commandait un escalier plus monumental et de la lumière naturelle, d'où les grandes baies vitrées de part et d'autre du bâtiment. Cette transparence devrait être respectée.

L'architecture de l'édifice B est similaire à celle de l'édifice A. Le revêtement de brique de couleur chamois, le toit plat et les fenêtres en bandeaux sont des éléments carctéristiques qui doivent être conservés afin de maintenir l'apparence uniforme du complexe. Le rez-de-chaussée est occupé par les services mécaniques. Plusieurs laboratoires de l'étage sont vacants en raison des changements technologiques dans le domaine du cinéma. Toute nouvelle occupation de ces locaux devrait respecter le plan d'origine.

L'édifice C abrite les locaux reliés à la production de films. La pièce maîtresse de ce bâtiment est le grand plateau de tournage exprimé à l'extérieur par un grand volume en brique sans ouvertures. Seule une porte sur rail vient rompre cette élévation aveugle. La conception technique et l'exécution du plateau, construit il y a plus de quarante ans, émerveille encore aujourd'hui. Tout devrait être mis en oeuvre pour conserver cet espace comme témoignage des prouesses techniques de l'époque.

Bien que construit en 1965, l'édifice D s'intègre bien à l'ensemble. Ses fenêtres sont isolées plutôt qu'en bandeaux et ses murs extérieurs sont aussi recouverts de brique. Le maintien de cette parenté de style est essentielle à l'uniformité du complexe.

L'édifice E, quant à lui, détonne par rapport à l'ensemble. Converti en chambre forte réfrigérée en 1997, ses murs extérieurs en brique ont été ré-isolés et enduits de crépi pour répondre aux exigences de conservation des films et bandes sonores originaux. Des efforts devraient être faits pour amoindrir l'impact visuel négatif de ce bâtiment sur l'ensemble.

La partie avant du terrain du complexe de l'ONF longeant l'autoroute métropolitaine a connu peu de changements. Les allées, les trottoirs, les stationnements et les accès, agencés symétriquement selon un modèle classique, sont demeurés à peu près intacts, à l'exception de l'ajout d'une rampe d'accès et de lampadaires. Cet aménagement paysager devrait être respecté. La vue du complexe du chemin de la Côte-de-Liesse, de l'autoroute métropolitaine et de la rue Houde ne devrait jamais être obstruée.