Édifice de la Banque de Nouvelle-Écosse
Édifice fédéral du patrimoine classé
Ottawa, Ontario
Vue générale
(© Agence Parcs Canada / Parks Canada Agency, 1985.)
Adresse :
125, rue Sparks, Ottawa, Ontario
Loi habilitante :
La Politique du Conseil du Trésor sur la gestion des biens immobiliers
Date de désignation :
1986-06-02
Dates :
-
1924 à 1925
(Construction)
Événement, Personne, Organisation :
-
John M. Lyle
(Architecte)
Autre nom(s):
-
Édifice de la Banque de Nouvelle-Écosse
(Nom de la désignation)
Ministère gardien
Travaux publics et Services gouvernementaux Canada
Référence du rapport BEEFP
85-08
Numero RBIF :
54903 00
Description du lieu patrimonial
L’édifice de la Banque de Nouvelle-Écosse, situé au centre-ville d’Ottawa, est un bâtiment en pierre rigoureusement classique conçu dans le style Beaux-Arts. Ses proportions et sa simplicité générale découlent de l'emploi d'un style dorique très sobre alors que le travail adroit de la pierre, les détails décoratifs de l’extérieur et du vaste comptoir bancaire à l’intérieur soulignent le caractère nettement classique de l’édifice. La désignation se limite au tracé au sol du bâtiment.
Valeur patrimoniale
L’édifice de la Banque de Nouvelle-Écosse est un édifice fédéral du patrimoine classé en raison de son importance historique et de ses valeurs architecturales et environnementales.
Valeur historique
L’édifice de la Banque de Nouvelle-Écosse est un très bon exemple du développement et de la diversification économique d’Ottawa au début du XX siecle, marquant la dominance de la rue Sparks pour le commerce de détail et les activités financières dans le secteur de bureaux. Approuvée en 1832, la Banque de Nouvelle-Écosse a d'abord été située dans le bâtiment érigé en 1874 pour la Banque d’Ottawa sur la rue Wellington. En 1924, après la tendance générale du départ du secteur, la banque a été déplacée sur la rue Sparks.
Valeur architecturale
L’édifice de la Banque de Nouvelle-Écosse est l’un des exemples les plus représentatifs du travail de John Lyle et le bâtiment le plus rigoureusement classique qu’il ait conçu. La précision de la disposition des détails, l’équilibre de la conception et le fait que l’extérieur soit un reflet de l’aménagement intérieur mettent en évidence tous les meilleurs aspects de la planification propre au style Beaux-Arts et illustrent son excellente conception esthétique. Son ordre dorique est conforme au précédent archéologique, alors que les détails font référence à des activités économiques canadiennes. Le traitement de maçonnerie en pierre de la construction et les détails démontrent l’excellente qualité d’exécution. La composition de l’édifice est remarquable dans ses proportions claires et atteint une simplicité d’ensemble qui démontre une très bonne conception fonctionnelle.
Valeur environnementale
En renforçant le caractère économique et historique de ses environs, l’édifice de la Banque de Nouvelle-Écosse a conservé un lien historique inchangé avec son paysage de rue, ce qui en fait un point de repère familier dans le centre-ville d’Ottawa.
Sources : Dana Johnson, édifice de la Banque de Nouvelle-Écosse, Ottawa (Ontario), Bureau d’examen des édifices fédéraux du patrimoine rapport de recherche, rapport 85-00; Édifice de la Banque de Nouvelle-Écosse, Ottawa (Ontario), Énoncé de la valeur patrimoniale, 85-008.
Éléments caractéristiques
Les éléments qui définissent le caractère de l’édifice de la Banque de Nouvelle-Écosse devraient être respectés.
Son excellente conception esthétique, sa très bonne conception fonctionnelle, et l’excellent qualité de son exécution et des matériaux, c’est-à-dire : sa conception de style Beaux-Arts, telle qu’exprimée par la disposition des détails, l’équilibre de la conception et le fait que l’extérieur soit un reflet de l’aménagement intérieur; la conception classique de la façade donnant sur la rue Sparks qui présente des principes du style Beaux-Arts, notamment son assise haute en bossage rustique et son étage noble en pierres taillées lisses, la disposition symétrique de ses baies et leur type, comme la porte principale, les quatre fenêtres et les niches en retrait, ainsi que ses quatre colonnes autoportantes et sa corniche; son ordre dorique et son schème ornemental conformes au précédent archéologique; l’opacité relative de la façade principale, une caractéristique fondamentale de la volonté architecturale d’origine qui exprime sa vocation première en tant que banque; les volumes généraux de son intérieur, notamment le grand comptoir bancaire et les bureaux situés à la mezzanine qui surplombe l’espace central; la combinaison des détails traditionnels de style classique qui font référence aux activités économiques traditionnelles canadiennes, y compris la décoration du comptoir bancaire dont les murs en marbre sont ornés des scènes de la vie au Canada; l’ornementation, les accessoires et l’ameublement d’inspiration grecque qui subsistent; les matériaux intérieurs, notamment le marbre des murs du vestibule, le marbre gris et rose du Tennessee des planchers du comptoir bancaire, et le marbre rose des lambris d’appui avec les pierres artificielles des murs situés au dessus des lambris.
La manière dans lequel l’édifice de la Banque de Nouvelle-Écosse renforce le caractère économique du domaine où il est situé et il conserve sa relation historique avec son encadrement paysager, c’est-à-dire : son emplacement bien en vue sur la rue Sparks, dans un des secteurs les plus accessibles du centre-ville d’Ottawa; sa conception, sa fonction et son emplacement qui en font un point de repère familier du centre-ville d’Ottawa pour les résidants de la ville et les touristes.
Énoncé de valeur patrimoniale
Avis de non-responsabilité -
L'énoncé de valeur patrimoniale a été mis en place par le BEÉFP, afin de clarifier l'objet de la désignation d'un bâtiment fédéral du patrimoine et ce qui confère à l'édifice son importance patrimoniale. Il est donc un document de référence clé pour toute personne impliquée dans un projet d'intervention sur des édifices fédéraux du patrimoine et il est utilisé par le BEÉFP lors de ses examens d'intervention.
La banque de Nouvelle-Écosse à Ottawa a été construite en 1924-1925 selon les plans de l'architecte torontois John M. Lyle. L'immeuble a été acheté en 1973 par le ministère des Travaux publics, et il est vacant depuis 1985. Voir le rapport 85-08 BEEFP.
Raison de la désignation
Le 2 juin 1986, la banque de Nouvelle-Écosse a été classée à cause de la grande qualité de son architecture, parce qu'elle constitue l'une des plus belles oeuvres d'un architecte d'envergure nationale et à cause de sa contribution au caractère de la rue Sparks.
John M. Lyle, architecte formé à l'École des Beaux-Arts, était très admiré de ses pairs. Il est surtout célèbre pour avoir vigoureusement appelé au développement d'un vocabulaire ornemental canadien au sein du style Beaux-Arts. Dans les divers immeubles qu'il construisit pour la banque de Nouvelle-Écosse, Lyle a poursuivi cette idée avec des représentations de la nature canadienne et des sculptures allégoriques évoquant l'industrie nationale. Sa banque d'Ottawa est l'exemple le plus rigoureusement classique de ces édifices: l'ordre dorique, soigneusement respecté dans la façade, inspire aussi, de façon plus ou moins marquée, le reste de l'ornementation. La composition de la façade est évidemment de style typiquement Beaux-Arts, et emprunte autant à la période romaine et à la renaissance qu'à l'architecture grecque. La composition est remarquable dans ses proportions claires, et réussit à atteindre une simplicité d'ensemble malgré la générosité de sa décoration de festons et de cornes d'abondance. Les efforts de l'architecte pour canadieniser son oeuvre sont moins évidents et moins laborieux que dans ses constructions postérieures.
Une bonne partie de l'intérieur de l'immeuble est occupée par un hall de banque aux proportions généreuses, surplombé par des bureaux en mezzanine. Le hall était éclairé par un puits de lumière en verre coloré; ses murs étaient animés par des fresques représentant des scènes de la vie canadienne. L'inspiration grecque de l'édifice apparaissait jusque dans la conception des accessoires et des meubles. En 1957, les beautés de cet espace ont été gravement réduites par l'installation d'un plafond lumineux sans intérêt; les accessoires d'origine ont presque tous disparu.
Éléments caractéristiques
L'ensemble de la façade de la rue Sparks, notamment toutes les portes, les fenêtres et la ferronnerie, ainsi que les volumes de l'intérieur, jouent un rôle essentiel dans le caractère architectural et historique de l'édifice. L'opacité relative de sa façade est fondamentale dans l'intention de l'architecte, et exprimait la vocation de l'édifice. Toute tentative visant à lui donner davantage de transparence trahirait cette vocation.
Il serait bon de préserver et peut-être de restaurer l'ensemble des volumes intérieurs et l'ornementation qui existe encore (on peut espérer que le puits de lumière est resté derrière le plafond lumineux). La meilleure façon de prendre soin de la construction consisterait à lui trouver une vocation qui s'intégrerait à ses espaces intérieurs. Si ce n'est pas possible, la valeur de l'édifice impose de n'apporter que des modifications facilement réversibles. La protection du patrimoine demande que le nouveau et l'ancien soient nettement différenciés; le caractère de l'intérieur de la banque est assez marqué pour imposer un respect à la lettre de cette doctrine.