Édifice de la Banque de Montréal

Édifice fédéral du patrimoine classé

Ottawa, Ontario
Vue en angle de la Banque de Montréal, montrant sa volumétrie monumentale fidèle à la forme de temple traditionnelle, 2011. © Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada, M. Therrien, 2011.
Vue en angle
© Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada, M. Therrien, 2011.
Vue générale de la Banque de Montréal, montrant l’emplacement prestigieux du centre-ville d’Ottawa, 2011. © Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada, M. Therrien, 2011.Vue en angle de la Banque de Montréal, montrant sa volumétrie monumentale fidèle à la forme de temple traditionnelle, 2011. © Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada, M. Therrien, 2011.Vue générale de la Banque de Montréal , montrant son entrée centrale ornée d’une moulure sculptée et surmontée d’une sculpture des armoiries de la banque, 2011. © Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada, M. Therrien, 2011.
Adresse : 144, rue Wellington, Ottawa, Ontario

Loi habilitante : La Politique du Conseil du Trésor sur la gestion des biens immobiliers
Date de désignation : 1986-07-25
Dates :
  • 1930 à 1932 (Construction)

Événement, Personne, Organisation :
  • Ernest Barott  (Architecte)
Ministère gardien Travaux publics et Services gouvernementaux Canada
Référence du rapport BEEFP 85-30
Numero RBIF : 08831 00

Description du lieu patrimonial

Situé entre les rues Wellington et Sparks, en face de la Colline du Parlement, à Ottawa, l’édifice de la Banque de Montréal est un îlot monumental en pierre calcaire et granit aux façades symétriques et aux détails classiques modernes. Sur les façades principales, les grandes fenêtres rectangulaires sont séparées par des pilastres géants qui soutiennent un immense entablement. Aux étages supérieurs, les surfaces lisses servent de fond aux panneaux sculptés de motifs inspirés de thèmes nationalistes et didactiques. La désignation se limite au tracé au sol du bâtiment.

Valeur patrimoniale

La Banque de Montréal est un édifice fédéral du patrimoine classé en raison de ses associations historiques et de ses valeurs architecturales et environnementales.

Valeur historique
Fondée en 1842, la Banque de Montréal est la plus vieille banque à charte du Canada, et elle est le premier établissement bancaire à ouvrir une succursale à Ottawa. Des bureaux répondant aux spécifications de la banque sont construits à l’emplacement actuel entre 1872 et 1873. En 1929, les goûts architecturaux ayant changé et compte tenu de nouveaux besoins d’ordre résidentiel, les anciens bâtiments sont démolis pour les remplacer par la structure actuelle, en l’occurrence un très bel exemple de développement local.

Valeur architecturale
La Banque de Montréal se signale par l’excellence de sa conception esthétique, qui combine plusieurs styles architecturaux. L’immeuble est caractérisé par des pilastres à faible saillie et incisés et des corniches simples rehaussées par les surfaces planes, par des détails structuraux nettement incisés par une ornementation géométrique qui sont inspirés par le mouvement Art Déco. La pureté de sa volumétrie et de son plan témoigne de la discipline des styles architecturaux et fait ressortir l’excellence de la conception fonctionnelle du bâtiment. À l’intérieur, le travail d’artiste remarquable et l’utilisation des matériaux mettent en valeur le style Beaux-Arts, grâce à l’emploi de marbres et de pierre Benedict pour les murs et de raccords de bronze finement ouvragés, le tout surmonté par un plafond voûté agrémenté de caissons en plâtre. Pour sa représentation modernisée du style Beaux-Arts au Canada, l’immeuble a valu à ses architectes la médaille d’or de l’excellence architecturale décernée par l’Institut royal d’architecture du Canada. Il est un des plus beaux exemples du travail d’Ernest Barott, qui a su combiner la conception traditionnelle des établissements bancaires, avec la philosophie et l’interprétation nationale des styles internationaux.

Valeur environnementale
La Banque de Montréal renforce le caractère historique et économique inchangé de la zone actuelle en étant la plus longue relation financière ininterrompue dans la vie économique de la ville. Pour ses associations historiques avec la structure financière de la collectivité et du pays, cet immeuble est un repère familier qui met en évidence la force et la solidité de la Capitale.

Sources : Dana Johnson, Banque de Montréal, Ottawa (Ontario), Bureau d’examen des édifices fédéraux à valeur patrimoniale, Rapport de recherche 85-00; Banque de Montréal, Ottawa (Ontario), Énoncé de valeur patrimoniale 85-030.

Éléments caractéristiques

Les éléments qui définissent le caractère de la Banque de Montréal devraient être respectés.

Son excellente conception esthétique et fonctionnelle, et très bonne qualité de l’exécution et des matériaux, c’est-à-dire:
- sa volumétrie monumentale, fidèle à la forme de temple traditionnelle, avec une façade symétrique, un entablement et un étage en attique; sa charpente en acier, recouverte d’un parement de granite de Stanstead et de calcaire de Queenston; les façades élaborées des rues Sparks et Wellington avec leurs entrées centrales, dont chacune est ornée d’une moulure sculptée et surmontée d’une sculpture des armoiries de la banque; l’organisation des fenêtres hautes et étroites, protégées par des grillages métalliques ouvrés dont les motifs sont d’une grande finesse; les éléments Art Déco, notamment l’ornementation à motifs géométrique, les détails nettement incisés et les surfaces planes; les éléments du style classique moderne, notamment les pilastres à faible saillie incisés, les plinthes non ouvragées et les capuchons moulés, une architrave dorique simple, et un entablement simple, les bas-reliefs à caractère allégorique et historique (sculptés par Emil Seiburn) disposés de façon régulière de part et d’autre de ses façades, qui représentent une contribution aux efforts de l’époque visant à définir un vocabulaire ornemental canadien; l’aménagement intérieur de l’immeuble, et notamment le vaste comptoir bancaire central; les matériaux employés à l’intérieur, et plus particulièrement les planchers de marbre avec incrustations de terrazzo et de fines mosaïques en marbre, les murs en pierre Benedict, les lambris d’appui en marbre noir et or et les raccords de bronze, le plafond voûté avec caissons en plâtre et les appareils d’éclairage en bronze avec vitraux; les finitions et le décor intérieurs, y compris les sculptures en marbre et les armoiries de la province.

La façon dont la Banque de Montréal renforce le caractère actuel de son paysage de rue et a préservé sa relation historique inchangée, c’est-à-dire : l’emplacement prestigieux qu’elle occupe en bordure des rues Sparks et Wellington, en l’occurrence un des endroits les plus accessibles du centre-ville d’Ottawa; sa conception, sa fonction et son emplacement, qui en font un point de repère familier, tant pour les habitants de la ville que pour les touristes.

Énoncé de valeur patrimoniale

Avis de non-responsabilité - L'énoncé de valeur patrimoniale a été mis en place par le BEÉFP, afin de clarifier l'objet de la désignation d'un bâtiment fédéral du patrimoine et ce qui confère à l'édifice son importance patrimoniale. Il est donc un document de référence clé pour toute personne impliquée dans un projet d'intervention sur des édifices fédéraux du patrimoine et il est utilisé par le BEÉFP lors de ses examens d'intervention.

La banque de Montréal à Ottawa a été construite entre 1930 et 1932 sur des plans d'Ernest Barott, de Barott et Blackader, architectes à Montréal. L'immeuble a valu à ses architectes la médaille d'or de l'excellence architecturale décernée par l'Institut royal d'architecture du Canada. Il appartient maintenant au ministère des Travaux publics. Voir le rapport 85-30 du BEEFP.

Raison de la désignation
En juin 1986, l'immeuble a été classé à cause de la qualité de son architecture et de sa contribution au caractère de la rue Wellington et de la rue Sparks.

La conception de la banque de Montréal est une expression parfaitement réussie du classicisme modernisé des années 30. Ses pilastres à faible saillie et à arêtes vives et sa corniche simple représentent une version nette et intellectualisée de l'ordre classique; la clarté de sa masse et de son plan révèle la discipline des Beaux-Arts. Son ornementation géométrique trouve son origine dans l'Art déco; les bas-reliefs allégoriques (dus au sculpteur Emil Seiburn), disposés régulièrement autour des façades, entrent dans la recherche d'un vocabulaire ornemental canadien, qui était alors très active et associée surtout à John M. Lyle. L'édifice est solidement présent aussi bien sur la rue Sparks que sur la rue Wellington; une inscription gravée sur la façade de la rue Wellington, face au Parlement, rappelle la longue histoire de la banque.

La plus grande partie du volume intérieur est constituée par un grand hall très remarquable, pratiquement intact et exprimant parfaitement les vertus que les banques voulaient alors se donner.

Éléments caractéristiques
La banque de Montréal est un témoignage de la réussite architecturale canadienne. Cet aspect, quoique subtil, est important pour sa valeur patrimoniale. C'est une oeuvre architecturale respectée dans laquelle tous les éléments obéissent à un ordre global dont ils font partie intégrante. La totalité de ses trois façades visibles, et les principales salles publiques de l'intérieur, sont essentielles à son caractère patrimonial. Il est très vraisemblable que toute modification visible d'un élément de sa conception ne ferait que réduire la valeur de l'ensemble.

C'est en lui gardant sa vocation de banque que l'on peut le mieux servir l'interprétation architecturale et historique de l'immeuble.