Cette semaine en histoire

Archives

Tout ce qui monte finit par redescendre

Semaine du lundi le 16 décembre 2013

Le 16 décembre 1891, Honoré Mercier, premier ministre du Québec, reçoit d’Auguste-Réal Angers, lieutenant-gouverneur de la province, une lettre qui le démet de ses fonctions pour cause de malversation. Même si les tribunaux le blanchiront de ces accusations, cette lettre marque néanmoins le début de la fin pour Honoré Mercier.

Honoré Mercier (1840-1894)
© Bibliothèque et Archives Canada / C-003303
Honoré Mercier, né en 1840, est fils d’une famille de cultivateurs patriotiques. D’abord journaliste puis avocat, il fait ses armes en politique fédérale avant de se lancer à l’échelon provincial. Fondateur du Parti national, il devient premier ministre du Québec en 1887. Durant son mandat, il cherche à rallier le peuple canadien français, sans distinction de partis politiques. Ses politiques et interventions qui visent l’autonomie provinciale et encouragent la construction ferroviaire, l’agriculture et la colonisation des terres inexploitées lui valent beaucoup d’admiration.

Sa gloire retentit même en Europe. Au printemps 1891, il y entame une tournée triomphale, au cours de laquelle il se voit attribuer plusieurs titres, dont celui de comte palatin! Mais cette gloire est de courte durée. L’intransigeance de Mercier éveille l’animosité de certains, et la dette publique accumulée par son gouvernement mine la confiance publique. Le scandale de la Baie des Chaleurs est le coup de grâce.

L’honorable Auguste Réal Angers
© Bibliothèque et Archives Canada / « Les Hommes du Jour » / C-003851

Quelques années plus tôt, Mercier avait confié à l’entrepreneur Charles Armstrong le projet de construire un chemin de fer jusqu’à la Baie des Chaleurs. Quatre ans plus tard, il lui retire le contrat. Alors que Mercier voyage en Europe, Ernest Pacaud, son argentier, dédommage l’entrepreneur en lui versant 175 000 dollars, dont 100 000 dollars sont reversés au parti en guise de souscription. L’affaire éclate peu après, et la population s’indigne des rumeurs voulant que leur argent serve à payer les fastes du premier ministre. L’enquête est en cours lorsque le lieutenant-gouverneur Angers demande la démission de Mercier.

Mercier encaisse le coup, mais sa santé décline rapidement. Blanchi des accusations portées contre lui, il est réélu député en 1892, mais il n’est pas au bout de ses misères. En août 1894, il doit s’aliter. Il décède avant la fin de l’année et le peuple le mythifie déjà.

Honoré Mercier a été désigné personne d’importance historique nationale en reconnaissance de ses accomplissements en tant que premier ministre du Québec.

Pour découvrir d’autres premiers ministres du Canada, lisez les pages Le premier des premiers ministres libéraux du Canada, Premier parmi ses pairs… bien malgré lui, Naissance de sir Wilfrid Laurier et Un scandale éclate dans les archives de Cette semaine en histoire.

Date de modification :