Cette semaine en histoire

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Portraits de la vie d'une Labradorienne

Semaine du lundi le 2 décembre 2013

Le 3 décembre 1894, la première livraison des « Sketches of Labrador Life by a Labrador Woman », de Lydia Campbell, paraît dans le journal The Evening Herald. Lydia Campbell, ou « tante Lydia » pour certains, est une matriarche bienaimée née de la première génération d’unions métisses, entre Britanniques et Inuits, qui seront typiques du Labrador.

Lydia a 75 ans et habite toujours la région de Groswater Bay où elle est née lorsqu’elle couche sur le papier ses portraits de la vie d’une femme au Labrador. Lydia n’a jamais fréquenté l’école. C’est grâce à son père, Ambrose Brooks, un Britannique venu s’établir au Labrador au tournant du 19e siècle pour trapper et pêcher, qu’elle sait lire et écrire. De sa mère, Susan, elle hérite le savoir-faire des peuples autochtones. Lydia Campbell maîtrise l’anglais et l’inuktitut, ce qui lui permet d’agir comme interprète entre les nouveaux colons et les Autochtones de la baie.

Lydia Campbell avec son mari, Daniel Campbell
© Flora Baikie Collection / Them Days / http://www.themdays.com/
En 1894, le révérend Arthur Charles Waghorne envoie à Lydia un cahier blanc et lui demande d’y consigner ses mémoires. Elle accepte et fournit 13 courts récits sur la vie au Labrador. Le révérend Waghorne achemine ces textes à l’Evening Herald qui les publie entre le 3 décembre 1894 et le 17 mai 1895.

Dans ses histoires, Lydia présente sa famille et raconte ses activités de l’hiver 1893, par exemple comment elle piège des lapins, s’occupe de ses petits-enfants et voyage entre la demeure d’été et les quartiers d’hiver de la famille.

Les portraits que Lydia Campbell peint avec les mots évoquent le quotidien des Labradoriens du 19e siècle, autant par des scènes de la vie familiale que par les légendes qui font partie du folklore de la région. L’auteure décrit notamment le souvenir de son père lui racontant qu’avant, il y avait très peu de colons, mais l’eau et la terre grouillait d’activité grâce aux peuples amérindiens du Labrador. En écrivant ces lignes, Lydia note que pour sa part, elle ne connait que quelques familles autochtones. Dans une autre histoire, ce sont des esprits qui prennent la vedette!

Une des figures historiques les plus connues et les plus aimées du Labrador, Lydia Campbell a été désignée personne d’importance historique nationale en 2009, en reconnaissance de la valeur historique de ses mémoires et de ce qu’elle a apporté à la communauté du Labrador par son rôle d’intermédiaire entre les différents peuples.

Pour en savoir plus sur les figures culturelles du Canada, voyez les pages Une pionnière de la poésie canadienne, Le sentier dans la montagne, Le père de la littérature canadienne et Un grand artiste et photographe inuit dans les archives de Cette semaine en histoire.

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