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Une note qui arrive trop tard : les soldats canadiens d’origine japonaise de la Première Guerre mondiale

Semaine du lundi le 13 mai 2013

L e 19 mai 1916, le lieutenant-colonel H. E. Lyon reçoit une note lui ordonnant de refuser d’enrôler des Canadiens d’origine japonaise. La note arrive trop tard : il en a déjà accepté deux dans ses rangs. Fermement décidés à se battre pour leur pays même s’ils ne sont pas reconnus comme citoyens canadiens à part entière, plus de 200 soldats canadiens d’origine japonaise ont surmonté les préjugés et fait leurs preuves sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale.

Soldats canadiens d’origine japonaise du 10e Bataillon d’infanterie du Canada, France, vers 1917.
© Image gracieusement offerte par le lieutenant-colonel Roy Kawamoto, Kelowna, Colombie-Britannique.
Dès que le Canada déclare la guerre à l’Allemagne en août 1914, des Canadiens d’origine japonaise établis à Vancouver veulent s’enrôler dans le Corps expéditionnaire canadien. Après avoir essuyé un refus de la part des régiments basés à Vancouver et du gouvernement fédéral, ces Canadiens d’origine japonaise offrent leurs services à la Milice de l’Alberta. Quand, le 26 avril 1916, le major-général E. A. Cruikshank demande à ses chefs de bataillon s’ils veulent accepter 200 recrues japonaises, ceux des bataillons 191 et 192 répondent par l’affirmative.

Trois semaines plus tard, Cruikshank reçoit l’ordre du gouvernement fédéral de renvoyer les recrues. Il transmet ces instructions au lieutenant-colonel Lyon du 192e Bataillon, mais ce dernier a déjà enrôlé deux Canadiens d’origine japonaise. 

Monuments aux morts à la mémoire des Canadiens d’origine japonaise au parc Stanley, Colombie‑Britannique.
© Défense nationale et Forces canadiennes/Thomas Donovan; Julie Clements

Au total, 222 Canadiens d’origine japonaise ont servi pendant la Première Guerre mondiale. La plupart d’entre eux sont intervenus dans la célèbre victoire du Canada sur la crête de Vimy, en avril 1917. Onze d’entre eux ont été décorés de la Médaille de bravoure militaire et 54 sont morts au combat.

Malgré leur remarquable service rendu au Canada, les Canadiens d’origine japonaise se voient toujours refuser le droit de vote à leur retour en Colombie-Britannique. Pendant 10 ans, la Canadian Japanese Association se bat pour obtenir ce droit de voter. En 1931, les anciens combattants canadiens d’origine japonaise ont enfin gain de cause. Ils sont les premiers Canadiens d’origine asiatique à obtenir ce droit en Colombie-Britannique, province de résidence de la majorité d’entre eux à cette époque. Leur long combat pour obtenir l’égalité n’est cependant pas terminé, car ils devront attendre après la Seconde Guerre mondiale pour obtenir le droit de vote au Canada.

Les soldats canado-japonais de la Première Guerre mondiale et leur lutte pour l'obtention du droit de vote ont été désignés un événement d’importance historique nationale en 2009. Ces soldats ont non seulement combattu pour le Canada, mais aussi pour que leur collectivité obtienne le droit de participer pleinement à la société canadienne.

Mai est le mois du patrimoine asiatique! Pour en savoir plus sur l’histoire des collectivités asiatiques au Canada, lisez L’équipe de baseball des Asahi : une leçon de persévérance, Les Asahi affrontent les Giants de Tokyo, Un épisode tragique de notre histoire, Le quartier Chinois de Vancouver : un quartier animé! et Commémoration des travailleurs chinois du rail.

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