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Mary et Henry Bibb, un couple engagé!

Semaine du lundi le 29 juillet 2013

Le 1er août 1854, Henry Bibb décède à l’âge de 39 ans. Avec Mary, son épouse, il a contribué à organiser la population noire du Haut-Canada.

Henry Bibb
© Fourni par Documenting the American South des bibliothèques de Chapel Hill de l'Université de la Caroline du Nord
Né esclave en 1815, Henry Bibb réussit à s’évader en 1837 après plusieurs tentatives. Il est cependant repris six mois plus tard alors qu’il tente de retourner chercher sa première épouse Malinda et leur fille. La famille est vendue à différents maîtres et séparée pour toujours. En 1840, Henry parvient à s’échapper pour de bon et s’installe à Détroit où il apprend à lire et à écrire. Militant actif pour l’abolition de l’esclavage, il écrit dans des journaux, donne des conférences, est actif dans le chemin de fer clandestin - un réseau secret mis en place pour aider les esclaves en fuite - et rédige son autobiographie.

En 1848, il épouse Mary Miles, fille de parents noirs libres qui a reçu une bonne éducation. Elle est d’ailleurs l’une des premières femmes noires à être admise dans une école normale, c’est-à-dire une école qui forme les professeurs. Par la suite, elle enseigne dans plusieurs écoles aux États-Unis et milite ouvertement pour l’abolition de l’esclavage. Mary et Henry s’exilent au Haut-Canada, aujourd’hui l’Ontario, lorsque le Fugitive Slave Act est adopté aux États-Unis en 1850.

En Ontario, le couple s’investit dans la communauté noire de la province et fonde en 1851 le journal Voice of the Fugitive, premier journal de la communauté noire du Haut-Canada. Ce journal devient une tribune dans laquelle cette communauté peut s’exprimer sur les enjeux qui la touchent. Bien que Mary ait également écrit des articles, édité et géré le journal, le mérite est plus souvent attribué à son mari. Le journal perd de son lectorat lorsqu’un autre journal, le Provincial Freeman, dirigé par Mary Ann Shadd, et visant aussi la communauté noire, commence à paraître. Le Voice of the Fugitive disparaît en 1854.

La famille Bibb préconise la liberté, l’abolition de l’esclavage, l’accès aux études et à la propriété qu’ils jugent nécessaires au développement et à l’épanouissement de la communauté. Mary fonde et gère une école pour la communauté tandis qu’Henry donne des conférences. De plus, le couple encourage le Refugee Home Society, une société caritative qui recueille des dons pour acheter des terres dans les environs de Windsor et les revendre à prix raisonnable à des esclaves fugitifs. Après la mort de son mari, en 1854, Mary Bibb se remarie, continue d’enseigner finit par déménager à New York, où elle meurt en 1877.

En raison de l’influence qu’ils ont exercée sur le développement de la communauté afro-canadienne avec leur journal le Voice of the Fugitive, Mary et Henry Bibb ont été désignés personnes d’importance nationale en 2002. Mary Ann Shadd a été désignée personne d’importance nationale en 1994.

Pour en savoir plus sur d’autres lieux, personnes et événements d’importance historique nationale liés à l’histoire des Noirs au Canada, lisez les articles suivants de Cette semaine en histoire: L'abolitionniste John Brown visite Chatham, Thornton et Lucie Blackburn mettent à l’épreuve la Loi sur les criminels fugitifs, La lutte contre l’esclavage du révérend Richard Preston, La légendaire Harriet Tubman, L'esclavage est remis en cause au Haut-Canada, Champion de la liberté! et La voix de la liberté.

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