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La Nouvelle-Écosse devient la nouvelle Nouvelle-Angleterre

Semaine du lundi le 6 mai 2013

Le 11 mai 1760, une quarantaine de familles originaires de la Nouvelle-Angleterre arrivent en Nouvelle-Écosse. Ces nouveaux arrivants, les Planters, comptent parmi les premiers immigrants anglophones au Canada. Ils transformeront le mode de vie établi par les Acadiens en Nouvelle-Écosse.

Lecture de l’ordonnance d’expulsion des Acadiens dans l’église de Parish à Grand Pré en 1755
© Bibliothèque et Archives Canada / 1972-26-768

L’Acadie est cédée à la Grande-Bretagne avec la signature du traité d’Utrecht en 1713. Les Acadiens maintiennent néanmoins leurs traditions et refusent de prêter allégeance à la Couronne britannique. Charles Lawrence, gouverneur de la Nouvelle-Écosse, ordonne leur déportation en 1755. Le décret impose la relocation, entre 1755 et 1762, à l’échelle de l’empire britannique et de la France de quelque 10 000 Acadiens sur une population d'environ 12 000. Les déportés sont déracinés et forcés d'abandonner habitations, fermes et bêtes.

En 1759, le gouverneur Lawrence émet une proclamation pour inciter les colons des Treize-Colonies à venir s’établir en Nouvelle-Écosse. Le stratagème fonctionne et des milliers de colons britanniques d’Amérique, surtout du Massachussetts, du Connecticut et du Rhode Island, gagnent volontairement la Nouvelle-Écosse entre 1760 et 1763.

Dès leur arrivée, les Planters transforment le paysage culturel de la Nouvelle-Écosse. L’anglais supplante le français. Les religions protestantes changent la composition religieuse dans le territoire et un système de droits civiques, incluant l’attribution de terres, est implanté. Les Planters remplacent les villages traditionnels acadiens par des cantons et prennent possession des terres les plus fertiles pour les cultiver. Un élément de la présence acadienne persiste pourtant : le système des aboiteaux, une technique d’assèchement des terres qui permet de faire pousser des cultures dans les marais. Bon gré, mal gré, les Planters sont obligés de consulter les quelques Acadiens qui demeurent encore en Nouvelle-Écosse pour réussir à faire fonctionner les aboiteaux.

Arrondissement rural historique de Grand-Pré
© Parcs Canada
La Proclamation royale de 1763 établit l’administration des terres acquises par la Grande-Bretagne et stimule l’immigration des Planters vers la Nouvelle-Écosse. Un certain nombre d’Acadiens y retournent, mais ils s’établissent sur la côte est du Nouveau-Brunswick actuel, car les terres qui leur appartenaient sont maintenant occupées par les Planters et des colons britanniques. L’immigration des Planters prend fin vers 1768, avec l’ouverture de terres à l’ouest de la vallée de l’Ohio.

L’arrivée des Planters de la Nouvelle-Angleterre (pré-loyalistes) a été désignée un événement d’importance historique nationale en 1958. La Déportation des Acadiens en 1755 par décret britannique, le Retour des Acadiens, l’Odyssée acadienne et le système des aboiteaux sont aussi des événements d’importance historique nationale. Le lieu historique national du Canada de Grand-Pré, en Nouvelle-Écosse, commémore la région en tant qu'établissement des Acadiens et la Déportation des Acadiens.

Pour en savoir plus sur les Acadiens, lisez les articles Un traité de paix signé à Utrecht modifie la carte, Fête nationale des Acadiens, Le retour des Acadiens et Les Britanniques débarquent à Louisbourg dans les archives de Cette semaine en histoire.

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