Cette semaine en histoire

Archives

Un scandale éclate

Semaine du lundi le 1er novembre 1999

Le 5 novembre 1873, un scandale financier oblige sir John A. Macdonald, un des Pères de la Confédération et le premier premier ministre du Canada, à démissionner.

John A. Macdonald

John A. Macdonald
© Bibliothèque et Archives Canada / PA - 027013

Né le 11 janvier 1815 à Glasgow, en Écosse, Macdonald est encore enfant lorsqu'il arrive à Kingston, dans le Haut-Canada. En 1844, il est élu pour la première fois député de Kingston à l'assemblée législative. À une époque marquée par les divisions politiques, Macdonald connaît un franc succès au sein du parti conservateur, où il collabore aisément avec ses collègues canadiens-français. En 1864, il s'allie à George-Étienne Cartier et à George Brown pour former la « Grande coalition » pluraliste qui mènera à la Confédération des provinces de l'Amérique du Nord britannique en 1867.

Avec la création de la province du Manitoba en 1870 et la décision de la Colombie-Britannique de se joindre à la Confédération en 1871, Macdonald se rend compte que la survie du Dominion dépend d'une solide expansion économique. Pour assurer cette expansion, il croit nécessaire de construire un chemin de fer transcontinental. En 1871, le Cabinet décide de confier la construction du chemin de fer à l'entreprise privée plutôt qu'au gouvernement. Les négociations en vue d'accorder le contrat de construction du Canadien Pacifique vont mettre sir John A. Macdonald dans une situation délicate.

« J'admet que j'ai pris l'argent et j'en ai fait des pots de vins aux <br>électeurs, qu'est-ce qu'il y'a de mal dans cela? » Bande dessinée qui critique la corruption durant le « scandale du Pacifique »

« J'admet que j'ai pris l'argent et j'en ai
fait des pots de vins aux électeurs,
qu'est-ce qu'il y'a de mal dans cela? »
Bande dessinée qui critique la corruption
durant le « scandale du Pacifique »

© J.W. Bengough / BAC / C-78604

Le 2 avril 1873, le « scandale du Pacifique » éclate. Les libéraux affirment que durant la campagne électorale de 1872, l'administration de Macdonald a promis le contrat du Canadien Pacifique à sir Hugh Allen, un magnat du transport maritime, en échange de financement. Macdonald soutient que ses « mains sont propres ». Pourtant, le 18 juillet, des télégrammes incriminants publiés dans les journaux libéraux révèlent que Macdonald et, surtout, Cartier ont reçu d'Allen une somme totalisant plus de 350 000 dollars durant la campagne. Macdonald est forcé de démissionner.

Macdonald reprend le pouvoir en 1878 grâce à sa « politique nationale » fondée sur l'achèvement du chemin de fer transcontinental et la colonisation de l'Ouest. Cette politique prévoit également des tarifs protectionnistes élevés sur les importations étrangères afin d'encourager les fabricants canadiens. Macdonald mènera une carrière bien remplie et verra la réalisation du chemin de fer Canadien Pacifique en 1885. À sa mort, le 6 juin 1891, il occupe toujours le poste de premier ministre. Aux yeux de la postérité, le « scandale du Pacifique » n'est guère plus qu'un incident de parcours dans la carrière politique de grands hommes d'État canadiens, dont Macdonald et Cartier.

Des plaques de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada commémorent sir John A. Macdonald à Adolphustown (Ontario) et à Kingston (Ontario). La villa Bellevue, à Kingston, où Macdonald a vécu, est commémorée en raison de son architecture et de la place qu'elle a occupée dans la vie de Macdonald.

Date de modification :