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Salaberry bloque l’avance des Américains sur Montréal

Cette histoire est parue à l’origine en 1998

Le 26 octobre 1813, une invasion américaine est arrêtée net sur la rivière Châteauguay, Québec, lorsqu’une petite troupe canadienne sous les ordres du lieutenant-colonel Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry empêche 3000 envahisseurs de mettre le siège devant Montréal. Bien que moins nombreux, les Canadiens tiennent bon et forcent les Américains à battre en retraite. La ville de Montréal est sauvée!

Charles-Michel d'Irumberry de Salaberry

Charles-Michel d'Irumberry
de Salaberry

© Musée du Château Ramezay, Montréal

À l’époque, la Grande-Bretagne et la France sont en guerre. Quand les États-Unis continuent de commercer avec la France, les navires de la Royal Navy britannique tentent de les en empêcher et fouillent souvent les vaisseaux américains à la recherche de déserteurs britanniques. Cette ingérence soulève la colère des Américains – ils ont acquis leur indépendance en 1783! Les «faucons» américains croient également que leur destin est de contrôler toute l’Amérique du Nord. Comme les troupes d’élite britanniques sont déjà occupées en Europe, les Américains croient que la conquête du Canada sera une entreprise brève et aisée. Le 17 juin 1812, les États-Unis déclarent la guerre à la Grande-Bretagne.

Le 21 octobre 1813, le major-général américain Wade Hampton traverse au Canada à la tête de 3000 hommes. Il espère rejoindre une autre troupe américaine avec laquelle il compte capturer Montréal, mais les forces américaines sous-estiment la volonté de la milice coloniale. Le lieutenant-colonel de Salaberry a érigé une barricade et posté des troupes à l’endroit où il a prévu que Hampton traversera la rivière Châteauguay. Salaberry leurre les Américains et les amène à croire qu’il a beaucoup plus que 300 miliciens sur le front. Après quatre heures de combat, Hampton perd espoir et bat en retraite. L’échec des Américains sur la Châteauguay permet aux Britanniques de conserver le contrôle du fleuve Saint-Laurent tout l’hiver. Non seulement Montréal est-elle sauvée, mais le succès des miliciens canadiens, tant français qu’anglais, révèle l’émergence d’un nouveau sentiment collectif.

Le lieu historique national du Canada de la Bataille-de-la-Châteauguay

Le lieu historique national du Canada
de la Bataille-de-la-Châteauguay

© Parcs Canada

La veille de Noël 1814, la Grande-Bretagne et les États-Unis signent le traité de Gand qui met fin à la guerre. Frontières et politiques restent les mêmes, et les deux antagonistes continueront de construire des ouvrages défensifs pendant encore un demi-siècle.

Le lieu historique national de la Bataille-de-la-Châteauguay commémore l’une des principales batailles de la Guerre de 1812. Une plaque de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada commémore Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry à Beauport, Québec, son lieu de naissance.

Cette année marque le début de la commémoration du bicentenaire de la guerre de 1812. Pour lire d’autres histoires de ce conflit, voyez les articles À la guerre comme à la guerre!, Victoire au fort Détroit! et Affrontement à la rivière aux Canards dans les archives de Cette semaine en histoire. Des activités commémoratives sont prévues au Lieu historique de la Bataille-de-Châteauguay et ailleurs au Canada. Pour en savoir plus sur la commémoration de la guerre de 1812, vous pouvez lire la page Commémoration de la guerre de 1812 dans le site Web de Parcs Canada.

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