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Le 49e parallèle

Cette histoire est parue à l’origine en 2002

Le 15 juin 1846, la Grande-Bretagne et les États-Unis signent le traité de l'Oregon, évitant une guerre et établissant l'actuelle frontière sud de la Colombie-Britannique, qui fait maintenant partie de la plus longue frontière non défendue au monde.

Canada en 1825

Canada en 1825
© Canadian Geographic

Le territoire de l'Oregon est alors constitué des États de l'Oregon, de Washington et de l'Idaho, d'une partie de ceux du Montana et du Wyoming et de la presque totalité de la Colombie-Britannique. Depuis la fin des années 1700, des marchands de fourrure rallient les côtes du territoire par voie de mer. L'Espagne, le Mexique, la Grande-Bretagne, les États-Unis et même la Russie revendiquent une partie du rivage. En 1845, cependant, seuls les États-Unis et la Grande-Bretagne se disputent l'embouchure du fleuve Columbia et ses terres fertiles.

En 1818, la Grande-Bretagne et les États-Unis conviennent de partager le territoire pendant 10 ans. En 1825, la Compagnie de la baie d'Hudson (CBH) propose une frontière qui lui permet de conserver les riches réserves de fourrures situées au nord du Columbia. Les Américains refusent car la frontière à l'Est des Rocheuses suit déjà le 49e parallèle et ils veulent la prolonger vers l'Ouest jusqu'au Pacifique. La Grande-Bretagne n'est pas d'accord et, en 1827, on revient à la formule d'occupation conjointe pour une durée indéterminée.

Dans les années 1840, les colons américains se font beaucoup plus nombreux dans le territoire et ils exigent la fin de l'occupation conjointe. En 1843, ils créent un gouvernement provisoire qu'ils espèrent légitimer plus tard. Par ailleurs, la CBH décourage l'établissement des Européens et son monopole ne peut tolérer la présence des colons américains et des libre-échangistes. Aucune des deux parties ne tient compte des nombreuses nations autochtones qui habitent aussi la région.

Les montagnes rocheuses vues à partir du fleuve Columbia

Les montagnes rocheuses vues à partir
du fleuve Columbia

© BAC / 1969-4-26

En 1844, le président James Polk cherche à étendre le territoire américain, car il croit en la « destinée manifeste » des États-Unis — principe selon lequel les Américains ont le droit de s'établir où bon leur semble en Amérique du Nord. Beaucoup d'Américains revendiquent donc la totalité du territoire de l'Oregon jusqu'à la frontière sud de l'Alaska, à 54°40' de latitude nord, et refusent à la Grande-Bretagne tout accès à la côte du Pacifique; leur slogan est « 54-40 or fight ». Les deux pays se préparent à la guerre. Polk propose toutefois un compromis et la Grande-Bretagne est prête à négocier. Le gouverneur de la CBH, George Simpson, a déjà déménagé le principal dépôt de la Compagnie au fort Victoria et les représentants britanniques à Londres ont abandonné l'idée de faire du fleuve Columbia le « Saint-Laurent de l'Ouest ».

Le traité de l'Oregon de 1846, un événement d'importance historique nationale, établit le 49e parallèle comme frontière jusqu'aux eaux salées. Les États-Unis conservent toutes les terres situées au sud de cette ligne et la Grande-Bretagne, toutes celles qui se trouvent au nord, plus l'île de Vancouver.

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