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La vie bien remplie de Dorothy Dworkin

Semaine du lundi le 23 juillet 2012

Le 25 juillet 1976 ont lieu les funérailles de Dorothy Dworkin. Celle-ci s’éteint à l’âge de 86 ans, ayant consacré sa vie à servir la communauté juive de Toronto.

Dorothy Dworkin en uniforme d'infirmière, vers 1909
© Ontario Jewish Archives, photo no 6745
Née le 17 avril 1890 en Lettonie dans une famille juive orthodoxe, Dorothy Goldstick arrive à Toronto, en Ontario, en 1904. Elle fait ses études en sciences infirmières aux États-Unis et, en 1909, elle est aussi diplômée sage-femme. De retour à Toronto, elle devient l’une des premières femmes de la communauté juive à posséder cette formation. En 1910, elle dirige le dispensaire (un établissement médical qui offre des services à bas prix) de la communauté juive de Toronto. L’année suivante, elle aide à former les femmes auxiliaires de cet établissement. Elle participe ensuite à la fondation d’un orphelinat pour enfants juifs.

Dorothy Dworkin
© Ontario Jewish Archives / 2006-1-2
En 1911, Dorothy épouse Henry Dworkin, un juif d’origine ukrainienne militant pour le droit des travailleurs. Henry Dworkin et son frère ouvrent la Dworkin Travel, une tabagie, une confiserie et une agence de voyage. Cette agence permet à des centaines de juifs d’immigrer au Canada, malgré les politiques migratoires restrictives de l’époque, et facilite leur intégration au pays. Le couple contribue au succès de l’agence de voyage. Henry voyage en Europe et accompagne les immigrants, tandis que Dorothy reste à Toronto où elle organise l’immigration, conseille les nouveaux arrivants et administre l’agence. Après la mort de son mari, en 1928, Dorothy prend en main toute l’agence.

En 1922, Dorothy participe à la fondation de l’hôpital Mount Sinaï à Toronto. Elle jouera un rôle dans cet établissement jusqu’à la fin de ses jours. Ce nouvel hôpital juif donne accès à des soins de santé en yiddish et offre de la nourriture kasher aux patients. De plus, il permet à des médecins juifs, qui ne pouvaient pas exercer leur métier dans les autres établissements à cause de mesures discriminatoires, de pratiquer la médecine. Dorothy veille au soutien financier de cet établissement, aujourd’hui un hôpital important de Toronto, en organisant des levées de fonds.

Devenue citoyenne canadienne en 1934, Dorothy Dworkin publie en 1935 un journal bilingue, écrit en anglais et en yiddish, intitulé Kanader Naies (nouvelles canadiennes) qui paraîtra pendant 20 ans. Après une longue vie consacrée aux œuvres de bienfaisance, Dorothy Dworkin s’éteint en juillet 1976.

Parce qu’elle a fourni des soins de santé et des services sociaux aux immigrants juifs, Dorothy Dworkin a été nommée personne d’importance historique en 2009.

Pour en savoir plus sur l’histoire juive au Canada, lisez « La convention de tous les Juifs canadiens », Lilian Bilsky Freiman : une mère pour de nombreuses personnesLa communauté juive de Montréal et la Main, La mosaïque culturelle de Toronto et La « Magna Carta juive » dans les archives de Cette semaine en histoire.

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