Cette semaine en histoire

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Nous sommes dans la marine maintenant!

Cette histoire est parue à l’origine en 2002.

Le 31 juillet 1942, un décret en conseil crée le Service féminin de la Marine royale du Canada (WRCNS), mieux connu sous le nom de « Wrens », son appellation familière en anglais. Il a fallu s’écarter de la tradition pour que les Canadiennes soient finalement admises dans la marine, l’armée et l’aviation, où elles contribueront de façon exceptionnelle à l’effort de guerre.

Affiche WRCNS de recrutement post-Guerre
© Photo gracieusement fournie par de la BFC Esquimalt Naval and Military Museum, Victoria (C.-B.)
Pendant la guerre des Boers et la Première Guerre mondiale, les femmes sont cantonnées dans les rôles d’infirmières et de bénévoles au sein des différents services. Même après l’entrée en guerre du Canada en septembre 1939, les Canadiennes ne sont pas acceptées dans l’armée, malgré tout leur intérêt. En 1941, le manque d’effectifs force l’Armée canadienne et l’Aviation royale du Canada (ARC) à inviter les femmes à s’engager. La Marine royale canadienne (MRC) emboîte le pas en 1942.

Pour entraîner les recrues du WRCNS, la Marine s’assure de l’appui du British Women’s Royal Naval Service, fondé durant la Première Guerre mondiale. La plupart des Wrens suivent leur entraînement à Galt (aujourd’hui Cambridge), en Ontario, dans une ancienne école pour filles rebaptisée le NCSM Conestoga. L’école est considérée officiellement comme l’un des navires canadiens de Sa Majesté et la terminologie propre à la marine y est utilisée : les toilettes sont des poulaines, les dortoirs, des cabines, et la cuisine, la coquerie. Après un entraînement de base, les Wrens sont déployées dans diverses bases navales canadiennes. Au début, moins de 10 spécialités leur sont ouvertes, mais dès 1945, elles reçoivent une formation dans 39 métiers différents, dont la télégraphie sans fil, la signalisation visuelle et le codage. La plupart des affectations sont au Canada, mais plus de 1 000 Wrens servent outre-mer, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et à Terre-Neuve (alors considérée outre-mer). Vingt membres du WRCNS sont décorées en raison de leur service en temps de guerre.

 

En arrivant au travail à bord du NCSM Conestoga à Galt (Cambridge, Ontario)
© Photo gracieusement fournie par de la BFC Esquimalt Naval and Military Museum, Victoria (C.-B.)
Les femmes qui entrent dans l’armée durant la Seconde Guerre mondiale ont bien des défis à relever. Le public a l’impression que ces femmes militaires sont immorales de sorte que leurs amies, fiancés et familles les découragent souvent de se joindre aux forces armées. En outre, les femmes gagnent moins que les hommes pour effectuer les mêmes tâches. Quoi qu’il en soit, plus de 45 000 femmes s’engagent dans l’armée, dont près de 7 000 dans le WRCNS. Après la guerre, le service féminin est dissous, pour être ensuite rétabli dans les années 1950. En 1951, une section féminine est formée dans la réserve de la MRC et en 1955, la Marine commence à recruter des femmes dans sa composante régulière. Les premières femmes militaires du Canada prouvent qu’une femme est capable de faire le service militaire et établissent ainsi un précédent pour les générations futures.

L’entrée des femmes dans l’armée pendant la Seconde Guerre mondiale a été désigné un événement historique national en 1994. Une plaque à Halifax, Nouvelle-Écosse, rend hommage aux Wrens.

Cette année marque le 70e anniversaire de la création de Service féminin de la Marine royale du Canada. Pour en savoir plus sur les femmes et les Forces canadiennes, lisez Elles font des vagues: les femmes dans l'armée dans les archives de Cette Semaine en Histoire.

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