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Une pionnière de la poésie canadienne

Cette histoire est parue à l’origine en 2011

Le 10 mars 2011 marque le 150e anniversaire de naissance de Emily Pauline Johnson, l’une des premières poètes canadiennes de renommée internationale. Elle naît en 1861 dans la réserve des Six-Nations près de Brantford, en Ontario. Son père, George Johnson, est un chef mohawk influent qui travaille comme interprète pour le conseil des Six-Nations dont il est membre. Sa mère, Emily Howells, est une non-Autochtone de l’Ohio. La jeune poète reçoit son éducation primaire à la maison, puis fréquente le Brantford Collegiate Institute où elle s’intéresse à la littérature anglaise et participe à des représentations de théâtre amateur.

Emily Pauline Johnson en  tenue mohawk traditionnelle
© Cochran of Ontario / Bibliothèque municipale de Vancouver / VPL 9429
Après la mort de son père en 1884, elle commence à écrire des poèmes pour gagner sa vie. Elle ne tarde pas à gagner la faveur du public, et ses œuvres paraissent dans des revues de Montréal, New York et Toronto. Bien qu’elle écrive en anglais, elle ne néglige pas ses racines mohawks et signe ses textes à la fois de son nom et de celui de son arrière-grand-père « Tekahionawakeh ». En 1892, une amie l’invite à lire ses vers sur scène lors d’un récital de poésie à Toronto. Sa performance fait sensation et lance une carrière internationale qui l’amène en tournée partout au Canada, aux États-Unis et en Angleterre.

Autant dans ses écrits que dans ses prestations scéniques, elle sait maintenir un équilibre subtil. Certains de ses poèmes, comme Canadian Born qui paraît en 1897, évoquent le patriotisme empreint d'optimisme de la jeune nation canadienne et plaident pour l’union des peuples de langues et de cultures différentes sous le drapeau britannique. D’autres traduisent le ressentiment de l'auteure à l'égard d'un Canada anglais qui véhicule les stéréotypes de « l'Indien » et du traitement réservé aux peuples autochtones dans les réserves des Prairies. Ses poèmes les plus en vogue abordent des thèmes autochtones qui dépeignent les paysages naturels du Canada, notamment The Song My Paddle Sings. Sur scène, en première partie de son spectacle, elle porte une robe de bal de style victorien; pour la seconde partie, elle est vêtue d’une tenue mohawk traditionnelle. Ce contraste devient sa marque de commerce. 

Le cortège funèbre de Pauline Johnson à Vancouver
© Archives de la Ville de Vancouver / J.S. Matthews / Port P1422

En 1909, sa santé fragile et la fatigue l’obligent à renoncer aux tournées. Elle s’installe à Vancouver où elle continue de publier ses vers malgré son combat avec le cancer du sein, combat qu’elle perd finalement le 7 mars 1913. Ses amis organisent pour elle un grand cortège funèbre au centre-ville de Vancouver, et un imposant monument en pierre orne sa sépulture au parc Stanley.

Emily Pauline Johnson a été désignée personne d’importance historique nationale en 1945 pour son œuvre et ses prestations à titre de poète mohawk. Chiefswood, sa maison natale près de Brantford, est un lieu historique national.

Pour en savoir plus sur la vie de Pauline Johnson, lisez Le Canada pleure une poète mohawk. Pour de l’information sur d'autres membres célèbres de la communauté mohawk, consultez Un Mohawk réussit dans le monde victorien et Un défenseur de la souveraineté s’éteint. Pour d'autres renseignements sur les premiers poètes canadiens, lisez Un romantique canadien-français, Émile Nelligan, un poète au destin tragique, Le père de la littérature canadienne et Naissance du « Poète des Rocheuses ».

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