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La naissance d’une grande écrivaine canadienne

Semaine du lundi le 18 mars 2012

Gabrielle Roy naît le 22 mars 1909 à St-Boniface, au Manitoba. Les œuvres de cette grande auteure canadienne deviennent des classiques qui sont encore lus, analysés et appréciés de nos jours.

Gabrielle Roy, 1909-1983 
© Société canadienne des postes (1996). Reproduit avec permission

Gabrielle est la cadette d’une famille nombreuse. Elle grandit, comme ses frères et sœurs beaucoup plus âgés qu’elle, auprès de ses parents originaires du Québec, mais venus s’installer au Manitoba. Sans être riche, la famille ne manque de rien et Gabrielle reçoit une bonne instruction à l’Académie Saint-Joseph de St-Boniface et au Winnipeg Normal Institute. Après ses études en 1925, elle enseigne dans différentes écoles pendant 12 ans. En 1937, elle quitte l’enseignement pour aller étudier l’art dramatique en Europe. Elle connaît peu de succès comme actrice et se tourne alors vers l’écriture. La publication de plusieurs de ses articles la conforte dans sa volonté d’écrire. Elle rentre au Canada et s’installe à Montréal, où elle travaille comme pigiste pour des journaux et des revues.

Sa première œuvre d’importance, Bonheur d’occasion, paraît en 1945, et est bien accueillie par le public et la critique. Ce roman d’une grande sensibilité dépeint les difficultés d’une famille pauvre dans un quartier défavorisé de Montréal en 1940. Le réalisme social de Bonheur d’occasion offre un contraste rafraîchissant, sinon troublant, avec la tradition littéraire classique du Québec ancrée dans la nostalgie du mode de vie rural. Considéré comme une pièce maîtresse de la littérature québécoise et canadienne, et encensé sur la scène internationale, ce livre lui vaut le Prix littéraire du Gouverneur général ainsi que le Prix Fémina à Paris; il sera ensuite traduit en 15 langues.

Maison Gabrielle-Roy
© Maison Gabrielle-Roy

Le reste de son œuvre traite essentiellement de sa vie personnelle. Que ce soit sous la forme de nouvelles vaguement autobiographiques ou en brossant le tableau des désillusions de la vie urbaine, le soi et l’identité sont les thèmes généraux qui ressortent le plus souvent. Sa propre quête identitaire est souvent au centre de son travail et, malgré son succès, Gabrielle se considère comme une « étrangère » à bien des égards. Par exemple, bien que sa famille soit d’origine québécoise, elle n’écrit pas en tant que représentante de cette collectivité, mais plutôt en tant que Franco-Manitobaine.

Dans les dernières années de sa vie, Gabrielle Roy vit en Europe pendant trois ans et voyage beaucoup. Elle écrit la plupart de ses textes retirée dans son chalet de Petite-Rivière-Saint-François, dans Charlevoix, au Québec, mais sa résidence principale est à Québec, ville où elle reste jusqu’à sa mort en 1983. Gabrielle Roy et la maison de son enfance, la Maison Gabrielle-Roy, ont toutes deux été désignées pour leur importance historique nationale en 2009.

Pour en savoir davantage sur les écrivains canadiens, consultez Le sentier de la montagne, Le père de la littérature canadienne, L’anniversaire de l’écrivain Mazo de la Roche, Une journaliste et militante exceptionnelle : E. Cora Hind et La femme d’un million de livres dans les archives de Cette semaine en histoire.

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