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Ernest Lapointe, défenseur des Canadiens-Français

Semaine du lundi le 21 novembre 2011

Le 26 novembre 1941, Ernest Lapointe, ministre au sein du gouvernement canadien de 1921 à 1930 et de 1935 à 1941, meurt d’un cancer du pancréas. Durant 37 années consécutives, cet homme politique fédéral intelligent et éloquent défendra plusieurs causes qui lui tiennent à cœur, notamment la défense des Canadiens-français et la politique nationale en matière de souveraineté.

Né à Saint-Éloi le 6 octobre 1876, il grandit dans cette région rurale québécoise. Il fait des études de droit à l’Université Laval avant d’ouvrir, en 1898, un cabinet d’avocat à Fraserville (Rivière-du-Loup). C’est alors qu’il commence à participer à des rassemblements politiques. Il remporte sa première élection, à l’âge de 27 ans, sous la bannière libérale, dans le compté fédéral de Kamouraska. Lorsque Wilfrid Laurier est chef de l’opposition, Lapointe devient lieutenant d’une partie de la province de Québec. En 1912, Laurier le choisit pour gérer le débat concernant l’adoption du règlement 17 en Ontario. Ce règlement vise l’abolition des écoles françaises, et la question préoccupe énormément les milieux francophones.

Ernest Lapointe
© J. Russell & Sons / Bibliothèque et Archives Canada /C-019104/ 1941

Durant la Première Guerre mondiale, lorsque les conservateurs de Borden sont au pouvoir, les libéraux de Laurier, dont Ernest Lapointe, s’opposent à la conscription, un enrôlement obligatoire des hommes dans l’armée. La question divise le pays, puisque la majorité des Canadiens-français s’y oppose préférant l’engagement volontaire tandis qu’une grande partie de la population anglophone appuie la conscription.

En 1921, Mackenzie King succède à Laurier à la tête du parti libéral. Conseiller influent de King, Ernest Lapointe est brièvement ministre de la Marine et des Pêcheries puis longtemps ministre de la Justice et procureur de la Couronne. Il préconise une plus grande autonomie du Canada face au Royaume-Uni, et, en 1923, il signe le premier traité sans cosignataire britannique. Trois ans plus tard, il dirige la délégation canadienne lors de négociations qui débouchent, en 1931, au statut de Westminster qui reconnaît l’indépendance du Canada. Aussi, il soutient le droit des provinces et s’oppose aux propositions du New Deal de Bennett en 1935, car il juge qu’il s’agit d’une intervention du gouvernement fédéral dans les compétences provinciales.

Cortège funéraire d’Ernest Lapointe avec W.L. Mackenzie King à la tête de la procession
© Bibliothèque et Archives Canada / C-013235

Lors de la Seconde Guerre mondiale, la question de la conscription resurgit, et c’est au tour du gouvernement de Mackenzie King d’y faire face. Craignant, une nouvelle division au sein du pays à cause de celle-ci, Ernest Lapoint menace de démissionner si Mackenzie King impose la conscription. Ce moyen de pression retarde la conscription et Lapointe décède en 1941 avant que cette dernière soit imposée en 1944.

Durant toute sa carrière, Ernest Lapointe prône la tolérance entre les groupes linguistiques (officiels) Canada, exige une hausse des services bilingues du gouvernement et du recrutement de francophones dans la fonction publique et porte un intérêt particulier aux questions qui divisent le pays. En raison de sa grande contribution politique, Ernest Lapointe a été désigné personne d’importance historique.

Pour en savoir plus sur William Lyon Mackenzie King et la conscription, lisez « Un premier ministre étonnant! » et « Le « Lyon » et la fin de l’Empire britannique ».

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