Cette semaine en histoire

Archives

Le Canada pleure la mort d’un poète national

Semaine du lundi le 15 janvier 2012

Le 16 janvier 1879, Octave Crémazie s’éteint à l’âge de 52 ans. Nombreux sont ceux qui pleurent la mort de ce poète canadien-français qui a marqué comme nul autre la culture du Canada.

Photo d’Octave Crémazie
©Jules-Ernest Livernois / Bibliothèque et Archives Canada / PA-023442

Octave Crémazie, baptisé Claude-Joseph-Olivier Crémazie, naît le 16 avril 1827 à Québec. Benjamin de la famille, il passe son enfance avec ses frères Jacques, Joseph et Louis. En 1836, à l’âge de neuf ans, il entre à l’école au Séminaire de Québec. C’est là qu’il se découvre le goût des lettres et une passion pour les auteurs romantiques français. Il conservera cet amour de la littérature jusqu’à la fin de ses jours.

En 1844, il ouvre une librairie avec son frère. Cette entreprise lui permet de nourrir son intérêt pour les lettres en achetant et en lisant des livres sur la littérature et la culture françaises. Le commerce prospère, et Octave Crémazie acquiert la réputation d’être un intellectuel. À l’âge de 20 ans, il participe à la fondation de l’Institut Canadien, une société savante consacrée à la science et à la littérature. La librairie d’Octave Crémazie devient le lieu de rencontre non officiel de nombreuses personnalités du milieu littéraire, lesquelles lanceront plus tard le mouvement connu sous le nom d’École de Québec. Avec l’aide de ses amis, Octave Crémazie lance deux magazines littéraires, Les Soirées canadiennes et Le Foyer canadien.

Le monument Crémazie, situé au square Saint‑Louis, Montréal (Québec), vers 1910
© Musée McCord MP-0000.859.6

La poésie d’Octave Crémazie paraît dans un journal pour la première fois en 1849. Par la suite, elle est régulièrement reproduite dans plusieurs journaux de Québec. En 1858, Octave Crémazie publie l’un de ses poèmes les plus célèbres, Le Drapeau de Carillon, qui lui vaut le titre de poète national. Toute sa vie, il demeure profondément attaché à la culture canadienne, et plus particulièrement à la culture canadienne-française. Sa poésie représente pour lui un moyen d’afficher son patriotisme, comme le montre l’extrait suivant du poème Le Canada:

Il est sous le soleil une terre bénie,
Où le ciel a versé ses dons les plus brillants,
Où, répondant ses biens la nature agrandie
A ses vastes forêts mêle ses lacs géants.

Malheureusement, Octave Crémazie fait faillite dans les années 1860 et, pour éviter un scandale, s’enfuit en France en 1862. Dans ce pays où il demeurera en exil volontaire pendant 16 ans, il ne conserve des liens qu’avec sa famille et ses plus proches amis, et il abandonne la poésie. Même s’il vit désormais à l’étranger et ne produit aucune nouvelle œuvre, il demeure une personnalité populaire chez ses compatriotes, car nombreux sont ceux qui le considèrent comme la victime de circonstances malheureuses. Octave Crémazie ne regagne jamais le Canada. Il meurt au Havre, en France, en 1879.

Octave Crémazie a été désigné personne d’importance historique nationale en 1937. Pour en savoir plus sur les poètes canadiens-français, consultez les articles suivants de Cette semaine en histoire : Un romantique canadien‑français et Émile Nelligan, poète au destin tragique.

Date de modification :