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Nellie McClung, figure emblématique du féminisme

Semaine du lundi le 17 octobre 2011

Le 20 octobre 1873, Nellie Mooney, fille de John et de Letitia, voit le jour à Chatsworth, en Ontario. À ce moment, personne ne se doutait qu’elle deviendrait l’une des plus ardentes défenseures des droits de la femme au Canada.

Nellie Mooney passe son enfance dans une ferme du sud de l’Ontario, puis déménage au Manitoba avec sa famille, à la recherche d’une vie meilleure. Jeune fille franche et fougueuse, elle est proche de son père, mais elle se sent coincée dans le carcan imposé par sa mère, qui a une vision très conservatrice de la place de la femme dans la société. À 15 ans, Nellie quitte le noyau familial pour étudier à l’école normale, après quoi elle enseigne dans différentes écoles rurales du Manitoba. Elle épouse Wesley McClung en 1896. Ils auront cinq enfants.

Mme Nellie McClung, vers 1905-1922
© Cyril Jessop / Bibliothèque et Archives Canada / PA-030212
En 1908, celle qu’on appelle désormais Nellie McClung publie son premier roman, qui sera un succès national au chapitre des ventes. Au cours de la tournée promotionnelle, l’auteure se découvre des talents d’oratrice. Elle commence ensuite à militer en faveur d’une réforme et se joint à des groupes engagés socialement et politiquement comme la Woman’s Christian Temperance Union et la Political Equality League, qui prônent respectivement la tempérance des dames et l’équité politique. Elle prononcera également des discours pour appuyer la prohibition et le droit de vote des femmes.

Aux élections manitobaines de 1914, Nellie McClung milite pour les libéraux, qui sont en faveur d’accorder le droit de vote aux femmes. Élu l’année suivante, le Parti libéral fait du Manitoba la première province canadienne où les femmes peuvent voter et se présenter aux élections, initiative que suivront peu après la plupart des autres provinces.

Dans la foulée de cette réussite, Nellie McClung reste dans l’arène politique. En 1921, elle est élue membre de l’assemblée législative de l’Alberta, poste qu’elle occupera pendant cinq ans. Pourtant, sa plus importante réalisation reste encore à venir : la reconnaissance du statut de « personne  » aux femmes, condition obligatoire pour entrer au Sénat. En compagnie de quatre autres féministes notoires, elle présente en 1927 une pétition pour demander la révision de la définition juridique de « personne ». Deux ans plus tard, le comité judiciaire du Conseil privé, alors la plus haute cour du Canada, reconnaît que le terme « personne » comprend les femmes, que celles-ci sont égales aux hommes et qu’elles peuvent donc siéger à la Chambre haute.

Nellie McClung, porte-étendard des droits de la femme, s’éteint en 1951. Elle obtient trois ans plus tard la désignation de personne d’importance historique nationale, à l’instar des ses consœurs Emily Murphy, Henrietta Edwards, Irene Parlby et Louise McKinney. Ces femmes, les « Célèbres cinq », comme on les appelle aujourd’hui, sont à l’origine de la pétition pour le statut de la femme, qui s’inscrit dans l'Affaire des femmes non reconnues civilement, désignée événement d’importance historique nationale en 1997.

La lutte pour l’égalité entre les sexes au Canada vous intéresse? Lisez les articles suivants dans les archives de Cette semaine en histoire : L’anniversaire d’Emily Murphy, activiste, L’une des Cinq mais non la moindre!, Les ambitions d’une militante de principes, Les femmes sont des personnes... n’est-ce pas? et La ministre des femmes. Découvrez également comment Nellie McClung a attiré une foule record au théâtre Walker de Winnipeg dans la soirée du 28 janvier 1914.

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