Cette semaine en histoire

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L’épave du Elizabeth and Mary repose dans
les eaux du fleuve Saint-Laurent

Semaine du lundi le 15 août 2011

Le 20 août 1690, le Elizabeth and Mary, un navire de la flotte britannique de 34 bâtiments de William Phips, quitte Boston pour faire voile sur la ville de Québec. Il ne devait jamais revenir en Nouvelle-Angleterre.

Frontenac reçoit l’émissaire de sir William
Phips qui demande la reddition de Québec

© Bibliothèque et Archives Canada / C‑073710

Au cours des dernières décennies du 17e siècle, les hostilités s’amplifient entre la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre. À l’époque, la France et la Grande-Bretagne cherchent toutes deux à accroître leur emprise sur la côte est de l’Amérique du Nord. La Nouvelle-France effectue des raids dans les territoires contrôlés par les Britanniques, et la Nouvelle-Angleterre en fait autant dans les colonies françaises. Après la prise de Port Royal en Acadie le 21 mai, William Phips, gouverneur du Massachusetts, retourne à Boston afin de préparer une offensive navale contre Québec.

La flotte de Phips, qui transporte environ 2 300 miliciens, met deux mois pour atteindre Québec: l’équipage peine à naviguer dans le Saint-Laurent. Ce retard donne à Louis de Buade, gouverneur général de la Nouvelle-France et comte de Frontenac, le temps de renforcer les défenses de la ville en érigeant des fortifications. Il réussit en outre à préparer près de 3 000 miliciens canadiens. Pendant ce temps, Phips croit fermement que la plus grande partie des troupes de Frontenac se trouve à Montréal et attend un assaut. Malheureusement pour Phips, il se trompe! Lorsqu’ils se rendent compte que les Français sont à Québec, les miliciens de la Nouvelle-Angleterre mitraillent la ville fortifiée de boulets de canon. Or, à court de munitions et de provisions quelques jours à peine après le début du combat, les hommes de Phips battent en retraite et mettent les voiles en direction de leur port d’attache. Mais le mauvais sort s'acharne sur eux : la petite vérole, de violentes tempêtes et les privations ravagent la flotte. Quatre navires, y compris le Elizabeth and Mary, ainsi que leur équipage, ne regagneront jamais Boston.

Un plongeur explore l’épave du
Elizabeth and Mary

© Parcs Canada / 1997

En janvier 1995, le gouvernement canadien, en partenariat avec le ministère de la Culture du Québec, confirme la découverte de l’un des navires perdus par Phips au large de l’anse aux Bouleaux, au Québec. Il est immédiatement évident que l’épave est une véritable mine de renseignements historiques essentiels. Forts du soutien du gouvernement du Québec et du Centre de conservation du Québec, les archéologues et les bénévoles de Parcs Canada fouillent sans relâche le fragile site subaquatique et en extraient plus de 4 000 artefacts.

Reconnu comme étant l’un des quatre navires perdus par l’amiral William Phips en 1690, l’Épave du navire Elizabeth and Mary a été désignée lieu historique national en 1996. En hommage à sa fonction de gouverneur général de la Nouvelle-France, Louis de Buade (comte de Frontenac), a été désigné personne d’importance historique nationale en 1974. Les Fortifications de Québec, qui faisaient intégralement partie du système de défense de Québec, ont été désignées lieu historique national en 1948, à l’instar de Port Royal, renommé plus tard Arrondissement Historique d’Annapolis Royal, désigné en 1994.

Pour plus d'information sur les batailles qui ont opposé la France et la Grande-Bretagne au 17e siècle, lisez les articles : «Attaque surprise à Schenectady» et «Les fortifications de Québec : des défenses uniques en Amérique du Nord» dans les archives de Cette semaine en histoire. Pour en savoir plus sur l’épave du Elizabeth and Mary et d'autres épaves qui reposent en eaux canadiennes, veuillez consulter les sites Web du Répertoire canadien des lieux patrimoniaux et des Expéditions de Parcs Canada dans l'Arctique 2011.

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