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Des mennonites deviennent les pionniers de Waterloo

Semaine du lundi le 27 juin 2011

Le 29 juin 1805, des Mennonites américains signent un acte de transfert qui leur cède 60 000 acres de terre dans le Haut-Canada (aujourd’hui l’Ontario). Ils fondent une petite communauté qui deviendra plus tard les villes de Kitchener et de Waterloo.

Tour commémorative des Pionniers-de-Waterloo
© Parcs Canada / Elliot Worsfold
Les Mennonites habitant aux États-Unis ne sont pas un groupe apprécié pendant la Révolution américaine. Comme ils refusent de se battre en raison de leurs croyances pacifistes, ils sont très critiqués par leurs concitoyens pour ne pas avoir participé à l’effort de guerre. À cause de cette animosité, ils sont sujets à de lourdes taxes et, dans certains cas extrêmes, leurs fermes sont saisies et ils sont emprisonnés. Les mennonites se mettent donc à chercher un endroit où leurs croyances religieuses seraient davantage respectées. Ils le trouveront au Canada. Lord Simcoe, le lieutenant-gouverneur du Haut-Canada, invite les mennonites à s’installer sur son territoire en leur promettant qu’ils seront exemptés du service militaire.

Les deux premières familles mennonites à s’installer dans le secteur actuel de Kitchener et de Waterloo sont celles de Joseph Sherk et de son beau-frère Samuel Betzner. Il s’agit des premiers colons blancs à s’établir dans la région. En 1800, un guide autochtone accompagne Sherk et Betzner le long de la rivière Grand et leur fait visiter les parcelles de terre qui sont en vente. Sherk et Betzner acquièrent 400 acres au total, surtout en raison de la terre fertile du secteur et de l’eau pure fournie par la rivière Grand. Les deux hommes convainquent de nombreuses autres familles mennonites de venir s’installer dans la région. La majorité d’entre elles arriveront à cheval ou dans des charrettes en suivant le sentier de la rivière Grand.

Pierre tombale de Joseph Sherk
© Parcs Canada / Elliot Worsfold
Les Mennonites s’avèrent des pionniers habiles qui ont un mode de vie très traditionnel. Les hommes s’occupent surtout de la pose de briques et des travaux agricoles tandis que les femmes se chargent du filage, du tissage et de la préparation de remèdes à base de plantes pour les membres de la communauté. Les familles habitent dans des maisons de rondins, dont les interstices sont bouchés avec de la mousse. De nombreux colons continuent d’arriver en provenance de la Pennsylvanie jusque dans les années 1830.

En 1923, pour rendre honneur aux pionniers de Waterloo, la Waterloo Historical Society commence à construire une tour sur la terre cultivée par Sherk et Betzner à leur arrivée. Une fois terminée, la structure est baptisée « tour commémorative des Pionniers-de-Waterloo ». Elle comporte une plateforme d’observation d’où les visiteurs peuvent apercevoir le cimetière où Sherk et Betzner ont été enterrés, ainsi que le sentier de la rivière Grand.

Les pionniers de Waterloo ont été désignés événement d’importance historique nationale en 1924 pour avoir fondé le premier grand établissement à l’intérieur des terres de l’Ontario.
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