Cette semaine en histoire

Archives

La poésie de A.M. Klein

Semaine du lundi le 6 juin 2011

Le 11 juin 1949, Abraham Moses Klein décroche le Prix du Gouverneur général pour son recueil de poésie intitulé The Rocking Chair and Other Poems, publié en 1948. Tout au long de sa carrière, Klein exprime les traditions de la population juive canadienne et inspire de jeunes artistes, comme Leonard Cohen, à écrire des poèmes.

“INSERT
A. M. Klein
© Studios Garcia / Bibliothèque et
Archives Canada / PA-125749

Peu après sa naissance en 1909, Klein et sa famille quittent l’Ukraine pour s’établir dans les quartiers juifs de Montréal, un milieu qui influencera plus tard la poésie de l'artiste. Il fait ses études secondaires dans un établissement anglophone et s’intéresse aux œuvres des poètes anglais. Il compare les techniques d’écriture de ces derniers avec celles des poètes yiddish qu’il lit à la maison (le yiddish est une langue germanique qui s’écrit avec l’alphabet hébreu et qui est principalement parlée en Europe centrale et de l’Est).

De 1926 à 1930, Klein étudie les classiques et la science politique à l’Université McGill. Encore aux études, il commence à publier des œuvres de poésie et de prose dans les périodiques canadiens et américains. À l’époque, la poésie juive est surtout écrite en yiddish, mais Klein choisit quand même d’écrire en anglais, ce qui rend la poésie juive accessible aux Canadiens ne parlant pas le yiddish. Après avoir obtenu son diplôme de l’Université de Montréal en 1933, Klein exerce la profession d’avocat jusqu’à sa retraite en 1956; il travaille aussi comme rédacteur en chef et principal chroniqueur de l’hebdomadaire Canadian Jewish Chronicle (1938-1955), est chargé de cours invité en poésie à McGill (1944-1948) et s’associe au groupe de poètes montréalais « Preview », tout en continuant de publier sa propre poésie.

“INSERT
Klein rencontre des membres du
Congrès juif canadien

© Comité des organismes de bienfaisance
du Congrès juif canadien –
Archives nationales
Une grande partie de la poésie de Klein, en particulier dans son premier recueil intitulé Hath Not a Jew (1940), est imprégnée d’images et d’idées propres à la culture juive. D’autres poèmes comme « The Mountain » (La montagne) décrivent toutefois avec éloquence des points d’intérêt canadiens comme le mont Royal de Montréal :

L’histoire de l’humanité dans les strates des montagnes,
et dans le mont Royal
autour duquel je circule en tramway tous les jours
ma jeunesse, mon enfance —
les pissenlits, les akènes au bout piquant,
les enveloppes vertes et épineuses des châtaignes sous le tapis de gazon —
Ô tous ces après-midi dorés
vers lesquels je tends.

Son dernier et meilleur recueil, The Rocking Chair and Other Poems, trace un portrait satirique du Québec. Klein délaisse ici les thèmes propres à la culture juive pour explorer les liens entre sa vie de Juif montréalais et celle des Canadiens français. Selon Klein, ces deux peuples « ont plusieurs choses en commun : une position minoritaire et des souvenirs chargés d’histoire ». Klein décède à Montréal le 20 août 1972.

Abraham Moses Klein, reconnu comme l’un des plus grands poètes au Canada et comme une figure marquante de la culture juive au Canada, a été désigné personne d’importance historique nationale en 2007.

Pour en savoir plus sur les poètes canadiens, consultez les articles suivants de Cette semaine en histoire : Une pionnière de la poésie canadienne, Un romantique canadien-français, Émile Nelligan, poète au destin tragique, Chants d’un sourdaud et Naissance du « Poète des Rocheuses ».
Date de modification :