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Vers une coopération accrue entre le Canada et les États-Unis

Semaine du lundi le 18 avril 2011

Le 20 avril 1941, le premier ministre du Canada Mackenzie King et le président américain Franklin Roosevelt signent la Déclaration de Hyde Park. Cet accord ouvre la voie à la coopération économique entre le Canada et les États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. Il symbolise aussi le relâchement des liens entre le Canada et l’Empire britannique, en faveur d'un rapprochement avec son voisin nord-américain.

La Commission permanente mixte de défense Canada-États-Unis, créée en août 1940. Mackenzie King est assis au centre de la première rangée.
© Bibliothèque et Archives Canada / C‑005767 / 1940
La bataille d’Angleterre – campagne aérienne entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne nazie qui fait rage de juillet à décembre 1940 – laisse les Britanniques dans une situation très précaire. À l’automne, la faillite menace le gouvernement britannique et celui-ci risque de perdre la guerre. Le Canada et les États-Unis lui prêtent de l’argent et produisent à crédit de l’équipement militaire pour lui venir en aide, mais l’endettement de la Grande-Bretagne continue. En mars 1941, les États-Unis adoptent le Lend-Lease Act, une loi qui donne au président américain le pouvoir de faire produire du matériel de guerre pour le donner à la Grande-Bretagne.

Le Canada continue d’aider la Grande-Bretagne, mais il risque de perdre la clientèle de cet allié, ce qui aurait des conséquences désastreuses sur son économie. Le problème est d’autant plus épineux que le Canada a besoin de pièces et d’équipement spécialisés provenant des États-Unis pour continuer à produire des avions, des bombes et des munitions pour la Grande-Bretagne. Par conséquent, la dette du Canada envers les États-Unis prend rapidement des proportions démesurées.

William Lyon Mackenzie King en conversation avec Franklin D. Roosevelt
© Bibliothèque et Archives Canada/C‑016768/1936

En avril 1941, Mackenzie King rencontre Roosevelt à sa maison de Hyde Park, dans l’État de New York, pour trouver une solution au problème du Canada. Ces deux négociateurs chevronnés, qui d’ailleurs se connaissent bien, concluent rapidement une entente amicale fondée sur trois principes élémentaires. D’abord, le Canada et les États-Unis coordonnent leurs productions de sorte que chaque pays fournisse à l’autre le matériel militaire dont il a besoin. Ensuite, les États-Unis achètent du Canada certains articles, comme des munitions, des navires et de l’aluminium, et paient comptant. Enfin, les pièces et l’équipement spécialisés dont le Canada a besoin pour livrer à la Grande-Bretagne des produits finis lui sont fournis par cette dernière, qui les obtient gratuitement des États-Unis en vertu de la Lend-Lease Act.

La Déclaration de Hyde Park est une grande réussite. En 1942, la crise économique canadienne est terminée. Mais surtout, les efforts concertés de production des deux voisins nord-américains sont d’un grand secours à la Grande-Bretagne et aident à prévenir une victoire de l’Allemagne dans ce grand conflit mondial.

Grâce à la démarche diplomatique personnelle de Mackenzie King auprès de Franklin Roosevelt, la Déclaration de Hyde Park jette les bases de la grande coopération économique canado-américaine de l’après-guerre. William Lyon Mackenzie King a été désigné personne d’importance historique nationale en 1967.

Pour en savoir plus sur Mackenzie King, lisez Un premier ministre étonnant! et Le « Lyon » et la fin de l’Empire britannique dans les archives de Cette semaine en histoire.

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