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John Neilson: entrepreneur et leader avant la Confédération

Semaine du lundi le 31 janvier 2011

Le 1er février 1848, le pays perd un grand entrepreneur et homme politique influent. Originaire d’Écosse, John Neilson immigre au Bas-Canada en 1791. Fort de multiples talents, il fait sa marque comme éditeur et distributeur de livres, comme philanthrope et même comme fermier! Homme instruit qui a beaucoup voyagé, bilingue de surcroît, il sait se rapprocher des gens de diverses origines. Il envisage avec optimisme l’avenir du pays et se dévoue à l’avancement de la jeune colonie.

John Neilson
© Bibliothèque et Archives nationales du Québec P560,S2,D1,P951
Peu après son arrivée au Bas-Canada, Neilson hérite d’une maison d’édition qui avait appartenu à son oncle. En 1800, il achète l’entreprise de son principal concurrent et crée ainsi un quasi-monopole dans le domaine de l’imprimerie au Québec. L’hebdomadaire Quebec Gazette est sa publication la plus importante, et il possède aussi la plus grande librairie au Canada jusque dans les années 1820. Son vif intérêt pour tout ce qui concerne l’éducation dans la colonie l’amène à faire don de livres et d’argent aux écoles.

Non satisfait de s’en tenir à une seule occupation, il devient actionnaire de la Quebec Banking Society et offre des facilités de crédit et de financement à ceux qui en ont besoin. Il partage aussi des préoccupations humanitaires et devient membre de la Société de Québec des émigrés, ce qui lui permet d’aider des immigrants à s’installer à Valcartier en 1816. Neilson est aussi un fermier passionné et devient président de la société d’agriculture de la colonie. Il invente même de nouveaux modèles de semoirs et de charrues. 

Louis-Joseph Papineau, chef du Parti patriote
© Photographie attribuée à T.C. Doane / Bibliothèque et Archives Canada / C-066899

Neilson est élu à l’Assemblée législative provinciale en 1818 sous la bannière du Parti canadien (qui deviendra plus tard le Parti patriote). Réformateur modéré, il admire les institutions britanniques, mais critique la corruption et les abus de pouvoir chez les administrateurs britanniques du Bas-Canada. Il se lie d’amitié avec le chef du Parti canadien, Louis-Joseph Papineau. Ensemble, ils se rendent à Londres en 1823 pour exposer les doléances de l’Assemblée législative au Parlement britannique. Neilson retourne à Londres en 1828 pour réprouver l’attitude des administrateurs du Bas-Canada et insister sur le droit de l’Assemblée de contrôler tous ses revenus.

En 1830, au nom des Canadiens français, Papineau remercie publiquement Neilson de ses efforts, mais l’amitié des deux hommes s’étiole. Les Patriotes développent un fort sentiment nationaliste et rejettent l’autorité britannique et la constitution de la colonie, sentiments que Neilson ne partage absolument pas. Neilson se voit donc expulsé du Parti patriote en 1834. Après les rébellions de 1837 et 1838, Neilson revient en politique comme député à la chambre du Canada-Uni, poste qu’il conserve de 1841 jusqu’à sa mort.

John Neilson a été désigné personne d’importance historique nationale en 1976 pour son travail de journaliste, de réformateur et de député de l’Assemblée du Bas-Canada.

Pour d’autres articles de Cette semaine en histoire sur les rébellions, voyez La bataille de Saint-Eustache, Un gouvernement responsable et La taverne de Montgomery: un lieu de rébellion. Pour en savoir plus sur Louis‑Joseph Papineau, voyez Louis-Joseph Papineau: tout un personnage! dans les archives de Cette semaine en histoire.

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