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Misto-ha-a-Musqua : le dernier chef des Cris des Plaines libres

Semaine du lundi le 17 janvier 2011

Misto-ha-a-Musqua (aussi connu sous le nom de Big Bear) meurt le 17 janvier 1888. Né vers 1825 dans une bande de Cris des Plaines établie dans le sud de la Saskatchewan, Big Bear a la réputation d’être un homme réfléchi au tempérament posé, ainsi qu’un guerrier redoutable, un chasseur habile et un chef influent. Pacifique dans sa lutte contre le gouvernement canadien, il se fait le champion de la dernière bande des Premières nations des Prairies canadiennes non signataire d’un traité à s’installer dans une réserve. 

Le jeune Big Bear en tenue de guerrier
© Bibliothèque et Archives Canada / PA 117944

Vers la fin du 19e siècle, les troupeaux de bisons sont en déclin, et les Premières nations des Plaines craignent la famine. De nombreux chefs signent alors des traités avec le gouvernement canadien en échange de réserves (des terres réservées à l’usage exclusif des Indiens inscrits), de modiques sommes d’argent et de machines agricoles. Convaincu qu’un tel arrangement ne peut que perpétuer la pauvreté de son peuple, Big Bear refuse obstinément de signer le Traité no 6. Il nourrit plutôt le projet d’unir toutes les Premières nations des Plaines pour qu’elles parlent fort et d’une seule voix.

En 1879, l’influence de Big Bear est à son apogée, mais ses options sont limitées; les autres chefs continuent de signer le Traité no 6. En 1882, tandis que la famine fait ses plus grands ravages, il signe aussi au nom de sa bande. Aux termes du Traité, chaque bande est libre de choisir l’emplacement de sa réserve. Cependant, le gouvernement refuse quand Big Bear et d’autres chefs demandent que leurs réserves soient attenantes les unes aux autres dans la région de Cypress Hills. En 1884, Big Bear organise donc un rassemblement traditionnel, connu sous le nom de « danse de la soif », malgré un décret gouvernemental qui interdit de tel rassemblement. Là, il convainc d’autres chefs signataires du Traité no 6 de le désigner comme porte-parole pour porter directement à Ottawa leurs doléances en rapport avec ce traité.

À gauche, Big Bear et son fils en compagnie du chef cri Pitikwahnapiwiyin (Poundmaker) à droite, devant les casernes de la police à Regina en 1885
© O. B. Buell / Bibliothèque et Archives Canada / C 001872

Big Bear souhaite renégocier le Traité par un dialogue pacifique, mais Kahpaypamhchukwao (Wandering Spirit) persuade les membres de sa bande de l’urgence d’une action plus agressive. Le 2 avril 1885, contre l’avis de Big Bear, Wandering Spirit et ses hommes attaquent l’établissement de Frog Lake et abattent neuf colons. Bien qu’il condamne la violence, Big Bear est le chef populaire de la bande et le gouvernement le condamne à trois ans de prison pour trahison. Il est libéré au bout de deux ans pour des raisons de santé, et meurt peu après. Le rêve de Big Bear se réalise malgré tout en 1993, avec la création de la Confédération des Premières nations signataires du Traité no 6.

Big Bear a été désigné personne d’importance historique nationale en 1971, Frog Lake, un lieu historique national en 1923, et le Traité no 6, un événement historique national en 1927.

Pour en savoir plus sur Big Bear et la rébellion/résistance du Nord-Ouest, lisez les articles intitulés La bataille de Frenchman Butte et La Police à cheval du Nord-Ouest se retire du fort Pitt de Cette semaine en histoire, et visitez le lieu historique national de Fort-Battleford.

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