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Défaite d’un tenant de la Confédération de l’Île-du-Prince-Édouard

Semaine du lundi le 20 décembre 2010

Le 20 décembre 1864, contre toute attente, le colonel John Hamilton Gray quitte son poste de premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard. Cette décision soudaine met fin aux ambitions politiques de ce tenant de la Confédération qui a contribué à la naissance du pays.

L’honorable colonel John Hamilton Gray
© Bibliothèque du Parlement / Bibliothèque et Archives Canada / C- 018884

Fils d’une famille prospère de l’Île-du-Prince-Édouard, Gray passe la première partie de sa vie active à l’étranger, notamment au service de l’armée britannique pendant 21 ans. À son retour à l’Île en 1852, il embrasse avec succès la carrière politique et se fait élire à l’Assemblée législative de la colonie en 1858. En 1863, il est premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard tandis que toutes les colonies nourrissent le débat entourant le regroupement dans une fédération des provinces de l’Amérique du Nord britannique.

En 1864, le gouvernement de l’Île envisage d’envoyer des délégués à une conférence avec le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse au sujet d’un projet d’union entre les trois colonies maritimes de l’Amérique du Nord britannique. Gray est depuis longtemps en faveur d’une telle union, mais de nombreux autres élus rejettent l’idée, craignant que l’Île ne perde de son indépendance au sein d’une grande fédération. Ils acceptent néanmoins de participer à la conférence quand les représentants de la province unie du Canada (aujourd’hui le Québec et l’Ontario) expriment le désir d’y participer.

Les délégués à la conférence de Charlottetown
© Bibliothèque et Archives Canada / PA-091061
La conférence se tient à Charlottetown du 1er au 9 septembre 1864 sous la présidence de Gray qui est alors premier ministre. Pendant la conférence, celui-ci se prononce en faveur du projet d’union de l’Amérique du Nord britannique, mais certains délégués de l’Île expriment leur désaccord.

Malgré cette division, Gray et six autres délégués de l’Île partent en tournée dans la province unie du Canada pour étudier plus à fond cette idée de confédération. Mais à son retour, le principal délégué contre cette option, Edward Palmer, a déjà rallié les insulaires à son point de vue. La pression est maintenue jusqu’en décembre, et Gray n’a d’autre choix que de démissionner, car il a perdu la faveur populaire et bien des membres de son propre parti s’opposent à ses idées.

Après sa défaite, Gray revient à sa première passion, la vie militaire, et devient en 1867 le chef de la milice de l’Île. Finalement, son appui au projet de confédération a contribué à la naissance du Canada en 1867.

Le colonel John Hamilton Gray a été désigné personne d’importance historique nationale en 1939. La même année, les pères de la Confédération de l’Île-du-Prince-Édouard George Coles, T. Heath Haviland, A.A. Macdonald, Edward Palmer, W. H. Pope et Edward Whelan ont aussi été désignés personne d’importance historique nationale, tandis que l’entrée de l’Île-du-Prince-Édouard dans la Confédération en 1873 a été désigné événement d’importance historique nationale en 1950.

Pour en savoir plus sur la Confédération, consultez l’article Le rêve d’une nation de Cette semaine en histoire. Consultez aussi la section La Confédération canadienne du site Web de Bibliothèque et Archives Canada pour en savoir plus sur les fondateurs du Canada.

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