Cette semaine en histoire

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L’île Cole et la Marine canadienne

Semaine du lundi le 8 novembre 2010

Le 9 novembre 1910, la Marine canadienne met la main sur l’île Cole, qui mesure à peine 100 mètres de long sur 50 mètres de large et qui est isolée tout au bout du port d’Esquimalt, dans le sud de la Colombie-Britannique. Esquimalt témoigne de plus d’un siècle d’évolution des forces canadiennes et de la défense navale.

Arsenal, île Cole, Esquimalt, Colombie- Britannique
© Chris Marshall, Friends of Cole island Society
Lorsque la Marine royale britannique (Royal Navy) constitue sa flotte du Pacifique dans les années 1850, l’île Cole est désignée comme étant un endroit sécuritaire et stratégique où construire un dépôt de munitions. En effet, l’île est assez loin d’Esquimalt pour que la base navale soit à l'abri d'une éventuelle explosion, mais assez près pour être d'accès facile. En 1859, on choisit l'endroit pour construire le dépôt de munitions et, vers 1863, deux magasins (arsenaux) y sont aménagés ainsi qu'un quai et la résidence du gardien. Les munitions, la poudre à canon et d’autres explosifs, transportés par bateau jusqu’à l’île, sont entreposés dans la salle de séchage. L’ensemble comprend 17 bâtiments et forme une importante station d’approvisionnement pour les destroyers et autres navires militaires britanniques, puis canadiens.

Inauguré en 1865 en tant qu’organisme officiel de la Royal Navy, Esquimalt devient le quartier général officiel de la station du Pacifique de la Royal Navy, même si cette dernière utilise encore parfois son premier quartier général à Valparaiso, au Chili. Un système d’artillerie pour la défense côtière est mis en place pour protéger la Marine à Esquimalt. Plus tard, un hôpital permanent de la marine, un entrepôt de charbon, une chapelle et un cimetière viennent s'ajouter aux bâtiments déjà en place autour de l’arsenal. En 1893, l’Angleterre et le Canada concluent une entente conjointe de défense côtière pour protéger la base d’Esquimalt.

Île Cole, Esquimalt, Colombie-Britannique
© Chris Marshall, Friends of Cole island Society

En 1905, en réaction à l’expansion de la Marine allemande, la Marine britannique quitte Esquimalt pour concentrer ses efforts sur le maintien d’une présence forte dans l’océan Atlantique. Quand la Marine royale du Canada obtient la base en 1910, elle agrandit l’arsenal et l’hôpital pour en faire un site d’entraînement et des bureaux, ainsi qu’un lieu de résidence pour sa flotte navale. Durant la Première Guerre mondiale, ces bâtiments servent d’entrepôt pendant quelques années et, en 1915, l’hôpital naval rouvre pour soigner les soldats blessés au combat. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Esquimalt sert de base à la Marine canadienne de la côte ouest, mais les magasins de l’île Cole sont abandonnés en 1937. La base d’Esquimalt continue d'abriter la flotte navale canadienne du Pacifique.

Les sites navals d’Esquimalt, témoin de l’essor de la défense navale et des forces canadiennes, est désigné lieu historique national en 1995 et comprend l’île Cole, l’ancien hôpital de la Royal Navy, l’arsenal canadien de Sa Majesté et le cimetière des anciens combattants.

Cette année marque le 100e anniversaire de la Marine canadienne. Pour en savoir plus, visitez le site du Centenaire de la Marine canadienne 1910-2010, ainsi que celui de la Défense nationale et des Forces canadiennes. Vous pouvez aussi lire d’autres textes de Cette semaine en histoire sur la marine canadienne en cliquant sur les liens suivants: En avant tout! La naissance de la Marine canadienne, Nous sommes dans la marine maintenant!, La défense navale du Pacifique à Esquimalt, À bon port, La souveraineté de la côte du Pacifique: le phare de Fisgard et Un Canadien nommé commandant en chef.  

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