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Chef métis et ami des premiers colons

Semaine du lundi le 11 octobre 2010

Le 16 octobre 1883, alors que les tensions s'intensifient entre les colons et le gouvernement du Canada, une union des colons voit le jour à Prince Albert, dans la Terre de Rupert (aujourd’hui le Manitoba). Ce groupe souhaite obtenir réparation du gouvernement relativement à des griefs fonciers. James Isbister, Métis anglophone, se joint rapidement à la direction de cette union afin d’unir les Métis de langue anglaise et française et les colons blancs durant le conflit.

James Isbister
© Glenbow Archives / NA-4043-4
Né le 29 novembre 1833 dans le district du fleuve Nelson, territoire qui fait aujourd’hui partie de la Saskatchewan, M. Isbister est très instruit et parle couramment plusieurs langues lorsqu’il se joint à la direction de l’Union. En tant que propriétaire foncier et agriculteur fortuné, il est favorable à la cause des colons.

Durant les années 1870 et 1880, les colons de la Terre de Rupert doivent composer avec de multiples problèmes concernant la propriété des terres. La Loi de 1870 sur le Manitoba réserve des titres fonciers aux Métis, mais la construction du chemin de fer Canadien Pacifique ouvre la région à des colons venus de l’Est du Canada et de l’Europe, et ceux-ci harcèlent souvent les Métis au sujet de la propriété des terres. Des modifications subséquentes à la Loi diminuent les protections prévues pour les terres des Métis. Les agriculteurs métis craignent que leur propriété familiale soit vendue ou divisée si leurs droits fonciers ne sont pas reconnus. Pour leur part, les colons blancs sont furieux que le gouvernement ait décidé de modifier le tracé du chemin de fer pour le faire passer au sud. Au milieu des années 1880, le gouvernement n’a pas encore répondu aux griefs des deux groupes.

Métis, vers 1874
© Bibliothèque et Archives Canada / C-81787
La langue et la religion divisaient autrefois les Métis anglophones et francophones. M. Isbister unit les deux groupes et orchestre un ralliement avec les colons blancs afin de mener une résistance politique pacifique et de faire pression sur le gouvernement du Canada pour qu’il réponde aux préoccupations soulevées. La frustration croissante découlant de l’inaction du gouvernement crée cependant une division au sein de l’Union, ce qui met fin aux négociations pacifiques. Certains commencent à prôner la violence, tandis que les colons blancs entreprennent de se rallier au gouvernement. Convaincu que seule une résistance pacifique est efficace, M. Isbister cesse de soutenir l’Union. En mars 1885, la tension tourne à la violence quand un groupe de Métis et de Cris affronte la Police à cheval du Nord-Ouest à Duck Lake. Il s’agit de la première d’une série de batailles connue sous le nom de Rébellion du Nord-Ouest de 1885.

Après sa participation à l’Union, M. Isbister finit par vendre son exploitation agricole. Il meurt le 16 octobre 1915. En tant que leader qui a su unir les Métis francophones et anglophones durant l’une des périodes les plus critiques de leur histoire, James Isbister a été désigné personne d’importance historique nationale en 1997. Le lieu de la bataille de Duck Lake a, quant à lui, été désigné lieu historique national en 1924.

Pour lire d’autres récits sur la bataille de Duck Lake et la Rébellion du Nord-Ouest, consulter les articles suivants : La bataille de Duck Lake : une lutte pour un territoire et pour un mode de vie et La Police à cheval du Nord-Ouest se retire du fort Pitt.

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