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La colonie écossaise de sir William Alexander en Nouvelle-Écosse

Semaine du lundi le 6 septembre 2010

Le 10 septembre 1621, sir William Alexander obtient la permission de coloniser une bonne partie de la côte est du Canada actuel. La région sera baptisée Nova Scotia, soit nouvelle Écosse en latin. Sir Alexander souhaite fonder en Amérique du Nord une colonie écossaise pour rivaliser avec les colonies européennes déjà établies sur le continent. Après plusieurs tentatives, son projet aboutit en 1629 avec la construction du fort Charles, qui deviendra Annapolis Royal, dans la province de la Nouvelle-Écosse.

Sir William Alexander
© The Scotsman in Canada, Wilfred Campbell. Toronto : Musson Book Co. [1911]. 2 vol., Frontispice
Sir William Alexander, comte de Stirling (env. 1577 à 1640), naît en Écosse. Écrivain et poète, il s’attire les éloges de ses contemporains et retient l’attention du roi Jacques Ier. Durant son séjour à la cour où il est membre de l’autorité consultative du roi concernant les affaires d’Écosse, le Scottish Privy Council, sir Alexander préconise la participation des Écossais à l’expansion de l’Angleterre outremer et informe aussi le roi de l’hésitation des Écossais à émigrer vers les colonies britanniques en Amérique du Nord. Sir Alexander croit que plus d’Écossais seraient portés à émigrer si l’on désignait pour eux des terres comparables à la Nouvelle-France et à la Nouvelle-Angleterre. Le roi concède donc à sir Alexander un grand territoire englobant les provinces Maritimes et la péninsule gaspésienne.

Des navires sont affrétés en 1622, mais le manque de provisions, de passagers volontaires et de fonds, ainsi que le mauvais temps, ralentissent considérablement les efforts de colonisation. Ce n’est que huit ans après la concession des terres que la colonie écossaise devient réalité. En 1629, le fils de sir Alexander, William Alexander (fils), débarque avec environ 70 colons écossais. Ils construisent le fort Charles qu’ils baptisent en l’honneur du roi Charles. Dès leur arrivée, les colons établissent de bonnes relations avec les Autochtones de la région. Près de la moitié des colons ne survivent pas au premier hiver, mais les autres s’en sortent et pratiquent l’agriculture, la pêche et le commerce avec les Mi’kmaq pour assurer leur subsistance.

Armoiries de la Nouvelle-Écosse
© Province de la Nouvelle-Écosse
L’occupation du fort Charles par les Écossais est toutefois de courte durée. En effet, la majorité du territoire de la Nouvelle-Écosse est revendiquée et même occupée par les Français, qui lui donnent le nom d’Acadie. Les rivalités coloniales en Amérique du Nord resurgissent et aboutissent, au terme de dures négociations, à la signature du Traité de Saint-Germain-en-Laye en 1632. Le territoire disputé, ainsi que le reste de la Nouvelle-France (l’Acadie et le Canada), sont officiellement rendus à la France, et les colons écossais rentrent en Angleterre.

Tout comme l’emplacement de l’établissement fondé par sir William Alexander (1629-1631), le fort Charles est désigné lieu historique national en 1951.

Pour plus d’information, consultez la page du lieu historique national du Canada Fort-Charles.

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