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Le chef Peguis, allié de l’établissement Selkirk

Semaine du lundi le 12 juillet 2010

Le 18 juillet 1817, le chef ojibwa (Saulteaux) Peguis signe un traité avec lord Selkirk. Ce traité est le premier du genre conclu entre un sujet britannique et une Première nation de la Terre de Rupert (qui couvre la majorité des Prairies, l’Ontario et le Québec, ainsi qu’une partie des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut actuels). Le traité de Selkirk mène à l’acquisition, 50 ans plus tard, de l’ensemble du Nord-Ouest par le gouvernement du Canada.

Chef Peguis
© Avec la permission des Archives du Manitoba
Peguis naît vers 1774 près de Sault Ste. Marie, dans la région qui constitue aujourd’hui le Nord de l’Ontario. Entre 1770 et 1790, Peguis et son peuple partent s’établir le long de la rivière Rouge, près de Pembina, au Manitoba. La Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH) et la Compagnie du Nord-Ouest (CNO) établissent des postes de traite à cet endroit, provoquant une rivalité à laquelle Peguis, qui devient chef en 1805, se retrouvera plus tard mêlé.

En 1809, Thomas Douglas, cinquième comte de Selkirk, achète des actions de la CBH en vue d’établir une colonie d'immigrants écossais près de la rivière Rouge. Lorsque les familles arrivent, la construction de la colonie promise n'est pas terminée, et les colons sont mal préparés pour la nouvelle vie qui les attend. Peguis se révèle d’un grand secours : il transporte les colons du fort Daer à Pembina et leur enseigne à chasser le bison. Toutefois, la CNO, qui se sent menacée par la présence de ces nouveaux arrivants, les attaque et les expulse en juillet 1815. Encore une fois, Peguis et les siens leur viennent en aide. Ils protègent et accompagnent le groupe alors qu’il fait route jusqu’à un campement temporaire. En août, les colons regagnent la colonie et construisent le fort Douglas pour protéger ce qui leur appartient, mais les hostilités avec la CNO reprennent. En juin 1816, 60 Métis armés, dirigés par un marchand de la CNO, encerclent le fort Douglas. Peguis, à qui le gouverneur du territoire de la CBH a conseillé de demeurer neutre, est témoin de la prise du fort et de la mort de 21 colons lors de la bataille de Seven Oaks. Par la suite, il loge et nourrit de nombreux survivants avant que ceux-ci ne quittent pour Norway House, propriété de la CBH. 

« La colonie de la rivière Rouge – 1812 »
© Société canadienne des postes, 1962. Reproduction autorisée.

Grâce à l’appui de Peguis, les troupes de lord Selkirk parviennent à reconquérir le fort Douglas et l’établissement Selkirk en 1817. Tous ces troubles mènent lord Selkirk à rédiger un traité foncier afin d’assurer la propriété incontestée du territoire de la colonie. Peguis exerce son influence à titre de leader respecté pour convaincre les chefs des Cris et des Ojibwa de la rivière Rouge de signer le traité. Parce qu’il protège les colons et collabore avec la CBH, ceux-ci honorent Peguis jusqu’à sa mort, en 1864.

Le chef Peguis a été désigné personne d’importance historique nationale en 2008, en reconnaissance de ses talents de chasseur, de guerrier, de diplomate et de leader. Thomas Douglas (cinquième comte de Selkirk) a été désigné en 1943 tandis que l’arrivée des colons de Selkirk et le fort Douglas l’ont été en 1924.

Pour obtenir plus de renseignements sur la bataille de Seven Oaks, dont l’emplacement a été désigné lieu historique national en 1920, consultez «la bataille de Seven Oaks».

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