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Fanny « Bobbie » Rosenfeld – Athlète féminine exceptionnelle

Semaine du lundi le 2 août 2010

Le 6 août 1928, Fanny « Bobbie » Rosenfeld conduit l’équipe féminine de relais du Canada à la médaille d’or aux Jeux olympiques d’Amsterdam, établissant du même coup un record du monde. Le Canada prend la décision controversée d’envoyer une équipe de six femmes, surnommées les « six imbattables », disputer les épreuves d’athlétisme des Jeux olympiques. C’est la première fois que les femmes ont le droit de participer aux Jeux, car à l’époque, on considère qu’il n’est pas approprié qu’une femme s’adonne aux sports. Loin d’être intimidée, « Bobbie » compétitionne aux Jeux et remporte beaucoup de succès, décrochant une médaille d’or et une d’argent. 

Fanny Rosenfeld (deuxième à partir de la gauche) aux Jeux olympiques d’été
© Bibliothèque et Archives Canada / PA-151007

Née en Russie en 1903, Rosenfeld et sa famille déménagent à Barrie (Ontario) alors qu’elle est encore enfant. En 1923, la famille s’installe à Toronto, où Rosenfeld s’intéresse rapidement à l’athlétisme. Alors qu’elle travaille comme sténographe à l’usine de chocolat Patterson, elle participe à une manifestation sportive à Beaverton (Ontario), en tant que membre de l’équipe de balle molle de l’usine. Pendant la compétition, ses coéquipiers la convainquent de s’inscrire au 100 m, qu’elle gagne, battant sans le savoir la championne canadienne de l’époque, Rosa Grosse. Au cours de la même année, Rosenfeld bat la championne du monde. Elle gagne aussi un championnat de tennis en 1924 et participe au championnat d’athlétisme féminin de l’Ontario en 1925, où elle établit un record mondial au 100 m.

Équipe féminine d’athlétisme du Canada (Rosenfeld est la deuxième à partir de la gauche)
© Bibliothèque et Archives du Canada / PA 151003
En 1928, lorsque la Fédération internationale d’athlétisme amateur permet aux femmes de participer aux épreuves d’athlétisme, Rosenfeld s’inscrit aux qualifications et établit des records canadiens au saut en longueur, au saut en longueur sans élan et au lancer du disque. Aux Jeux olympiques, Rosenfeld gagne le cœur des Canadiens lorsqu’elle prend part à la course de 800 m, pour laquelle elle ne s’est jamais entraînée, afin d’appuyer sa coéquipière blessée, Jean Thomson. Lorsque Thomson commence à prendre de l’arrière, Bobbie court à ses côtés pour l’encourager, l’aidant ainsi à décrocher une quatrième place tandis qu’elle se contente de la cinquième.

Athlète complète, Rosenfeld excelle à de nombreux sports, notamment au hockey, au basketball, à la balle molle et en athlétisme. Une crise d’arthrite aiguë l’oblige à se retirer de la compétition en 1931, mais elle continue d’intervenir dans le domaine de l’athlétisme, promouvant et défendant les sports féminins dans sa chronique « Sports Reel » publiée dans le Globe and Mail. Elle entraîne aussi une équipe d’athlétisme en 1934. En 1949, Bobbie est élue meilleure athlète amateure féminine des 50 dernières années au Canada et, en 1955, elle est reçue au Temple de la renommée des sports du Canada.

En raison de ses exploits dans le domaine du sport amateur, Fanny « Bobbie » Rosenfeld a été désignée personne d’importance historique nationale en 1976.

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