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Membertou, le grand capitaine

Semaine du lundi le 21 juin 2010

Le 24 juin 1610, le chef mi’kmaw Membertou (Anli Maopeltoog) se convertit au christianisme et reçoit le sacrement du baptême. C'est la première fois qu'un chef des Premières nations est baptisé au Canada.
 
Timbre commémoratif représentant Membertou
© Société canadienne des postes / Bibliothèque et Archives Canada
La position de Membertou dans la société mi’kmaw est unique puisqu’il est à la fois chef (ou sagamo), chamane et aussi valeureux guerrier. On dit de lui qu’il est l'un des hommes les plus respectés de la région et qu’il peut guérir les malades. Il émane de lui un air de confiance – il est plus grand que la plupart des hommes – et, à l’époque, on le croit déjà plus que centenaire. En fait, Membertou affirme avoir rencontré l’explorateur français Jacques Cartier lorsqu’il était encore un jeune garçon!
 
En 1605, Membertou rencontre pour la première fois Samuel de Champlain et d’autres pionniers français dans la région de l'emplacement actuel de Annapolis Royal, en Nouvelle-Écosse. Les Français ont établi la colonie de Port-Royal dans cette région, territoire traditionnel de pêche des Mi’kmaq. Champlain invite les Mi’kmaq à partager un festin, et Membertou accueille les pionniers français comme ses voisins. Leurs bonnes relations bénéficient aux deux parties, puisque les Mi’kmaq enseignent aux Français comment se déplacer en raquettes et conduire des canots d'écorce de bouleau et les Européens remettent des armes à Membertou pour lui donner un avantage sur ses nombreux ennemis. En 1607, lorsque les Français doivent quitter Port-Royal, Membertou promet d’assurer la sécurité de la colonie. En 1610, les Français reviennent à Port-Royal et retrouvent la colonie dans son état d’origine, preuve que Membertou a tenu parole.
 
Reconstruction de Port-Royal
© Parcs Canada
Plus tard cette année-là, Membertou et sa famille se convertissent au christianisme et sont baptisés. Après son baptême, Membertou prend le nom de « Henri », nom du roi de France, et renonce à son rôle de chamane. Grâce à l’influence qu’il exerce dans la société, d’autres Mi’kmaq commencent à accorder une certaine légitimité au christianisme.
 
En septembre 1611, Membertou meurt de dysenterie. Les Mi’kmaw et les pionniers français assistent au service funèbre avant d’enterrer la dépouille dans un cimetière français. Après sa mort, de nombreuses personnes commencent à parler de lui en l’appelant « grand capitaine ». Même si Membertou est décédé un an à peine après son baptême, l’alliance qu’il a conclue entre les Mi’kmaq et les Français aura duré plus d’un siècle. Aujourd’hui encore, Membertou et Champlain illustrent parfaitement les nombreux partenariats ayant contribué à la croissance du Canada.
 
Reconnu comme l’une des personnalités les plus importantes de son époque, le grand chef Membertou a joué un rôle déterminant dans l’établissement fructueux des colons européens dans la vallée de l’Annapolis, en 1605. Pour avoir conclu une alliance entre les Mi'kmaq et les Français, Membertou (Anli Maopeltoog) est désigné personne d’importance historique nationale en 1981. Considéré comme le père de la Nouvelle-France, Samuel de Champlain est désigné personne d’importance historique nationale en 1929.
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