Cette semaine en histoire

Archives

D’un « océan à l’autre », enfin!

Semaine du lundi le 19 juillet 2010

Le 20 juillet 1871, des gens se réunissent à Victoria pour brûler des chandelles romaines et célébrer l’entrée de la Colombie-Britannique, sixième province du Canada, dans la Confédération. Les cloches sonnent à minuit pour souligner le début d’une ère nouvelle pour cette province criblée de dettes et en proie à des tensions politiques. Avec l’ajout de la Colombie-Britannique, le Dominion du Canada s’étend désormais de l’océan Atlantique à l’océan Pacifique, confirmant ainsi la devise du Canada, soit « D’un océan à l’autre ».

John Robson
© Bibliothèque et Archives Canada / C-036107
À l’origine une colonie britannique, la Colombie-Britannique voit le jour en 1866 lorsque le gouvernement de la Grande-Bretagne unit les colonies du continent et de l’île de Vancouver. Alors que la Colombie-Britannique fait face à une récession et voit sa dette augmenter, Amor De Cosmos et John Robson, deux élus en vue propriétaires de journaux en Colombie-Britannique, font valoir le principe du gouvernement responsable et défendent l’idée de l’union avec le Canada.

En 1868, De Cosmos fonde la Confederation League avec ces deux objectifs en tête. Cependant, la ligue fait face à certains obstacles. En effet, la Terre de Rupert et le Territoire du Nord-Ouest (qui couvrent la majorité des prairies, l’Ontario et le Québec, ainsi qu’une partie des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut actuels) séparent physiquement la Colombie-Britannique du reste du Canada. Par conséquent, jusqu’à l’entrée de cette région dans la Confédération, la Colombie-Britannique et le Canada sont trop éloignés pour que l’union puisse être envisagée. De plus, les représentants non élus refusent d’appuyer l’union avec le Canada ou d’adhérer au principe du gouvernement responsable, car ils craignent de perdre leur emploi.

Pose du dernier crampon de la voie ferrée du Canadien Pacifique (7 novembre 1885)
© Alexander Ross / Bibliothèque et Archives Canada / C-003693
Un obstacle est écarté en 1869, lorsque le gouvernement du Canada achète la Terre de Rupert et le Territoire du Nord-Ouest à la Compagnie de la Baie d’Hudson. La nomination de Anthony Musgrave, défenseur de la Confédération, au poste de gouverneur de la Colombie-Britannique fait avancer la cause de l’union avec le Canada. Lors des grands débats sur la Confédération tenus en 1870, les délégués discutent des modalités d'entrée de la province dans la Confédération. L’article 15 des modalités stipule que la Colombie-Britannique ne sera pas régie par le principe du gouvernement responsable après son entrée dans la Confédération. Robson envoie un journaliste à Ottawa pendant les négociations afin qu’il exerce des pressions pour tenter de faire échec à l’article en question. Le journaliste parvient à ses fins, et le gouvernement canadien décide que la Colombie-Britannique devra adhérer au principe du gouvernement responsable. Les représentants non élus perdent leur emploi, mais on leur accorde une pension. Le Canada accepte aussi d’absorber la dette de la Colombie-Britannique et de construire le chemin de fer Canadien Pacifique pour relier l’Ouest et l’Est.

À titre de fondateurs de journaux influents en Colombie-Britannique et de premiers ministres, John Robson et Amor De Cosmos ont été désignés personnes d’importance historique nationale en 1938. En 1975, Anthony Musgrave a été désigné personne d’importance historique nationale pour le rôle qu’il a joué dans l’entrée de la Colombie-Britannique dans la Confédération.

Date de modification :