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La Police à cheval du Nord-Ouest se retire du fort Pitt

Semaine du lundi le 20 avril 2010

Le 22 avril 1885, les membres de la Police à cheval du Nord-Ouest (P.C.N.-O.) cantonnés au fort Pitt, sur l’actuel territoire de la Saskatchewan, rejoignent au fort Battleford des partisans du gouvernement canadien qui s’y sont réfugiés parce qu’ils craignent un soulèvement des Cris. Ces événements, ainsi que la destruction du fort Pitt par les Cris, s’inscrivent dans le contexte de la Rébellion du Nord-Ouest de 1885, lorsque des Métis et des Premières nations se sont soulevés contre l’emprise grandissante du Dominion du Canada sur la région.

Des membres de la Police à cheval du Nord Ouest en service, au fort Battleford
© Parcs Canada / Kevn Hogarth
Vers le milieu du 19e siècle, la colonisation de l’Ouest du Canada s’accélère et le bison est chassé à outrance, jusqu’à la quasi-disparition de l’espèce. Les Premières nations et les Métis sont alors menacés de famine car le bison est leur principale source de nourriture et de revenu. Le Dominion du Canada, qui entend céder aux pionniers européens et canadiens le territoire des Premières nations, entreprend avec ces dernières la négociation de traités qui autoriseraient le gouvernement à coloniser une partie du territoire en échange de la création de réserves, de la prise de mesures pour aider les Métis et les Premières nations à devenir agriculteurs et de la promesse de nourriture en quantité suffisante pour les soutenir pendant cette difficile transition vers l’agriculture. Le Traité nº 6 est finalement signé en 1876 au fort Pitt.

La plupart des groupes de Premières nations acceptent les traités proposés. Cependant, la bande de Misto-ha-a-Musqua (aussi appelé « Big Bear ») s’y oppose et est l’une des dernières à signer. Par la suite, le gouvernement et Big Bear n’arrivent pas à s’entendre sur l’emplacement de la réserve promise, et le gouvernement met fin aux mesures d’aide qu’il s’était engagé à fournir. Big Bear se prépare donc à résister au gouvernement et à négocier au nom des Cris et d’autres groupes de Premières nations. 

Big Bear au fort Pitt, avant 1885
© O.B. Buell/Bibliothèque et Archives Canada/PA-118768

Cependant, un guerrier cri-des-plaines plus fougueux, nommé Kahpaypamhchukwao (ou « Wandering Spirit »), souhaite des actions plus musclées. Contre la volonté de Big Bear, Wandering Spirit et ses hommes attaquent la mission de Frog Lake et y tuent plusieurs pionniers. La bande fait route ensuite vers le fort Pitt, avec l’intention d’attaquer. Toutefois, Big Bear et William McLean, agent principal de la Compagnie de la Baie d’Hudson au fort Pitt, arrivent à convaincre Wandering Spirit et ses hommes de laisser les membres de la P.C.N.-O. et les civils quitter le fort et se réfugier au fort Battleford. Peu après, le fort Pitt est pillé et rasé par le feu.

Finalement, la Rébellion de 1885 se solde par la défaite des Premières nations et des Métis. Les Cris qui se trouvaient au fort Pitt sont dispersés de force dans différentes réserves. Big Bear, quant à lui, purge deux ans de prison. Il recouvre sa liberté en 1887. Il décède l’hiver de la même année, dans la réserve Little Pine.

Le fort Battleford et Frog Lake ont été désignés lieux historiques nationaux en 1923, et le fort Pitt l’a été en 1954. En 1971, Misto-ha-a-Musqua (Big Bear) a été désigné personne d’importance historique nationale.

Pour en apprendre plus sur la Rébellion du Nord-Ouest de 1885, consultez les pages intitulées La bataille de Duck Lake: une lutte pour un territoire et pour un mode de vie, Une seconde « dernière bataille » et Batoche : terres sacrées des Métis. Pour découvrir le fort Battleford et le fort Pitt, consultez la description du lieu historique national du Canada du Fort-Battleford.

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