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La grande dame de la rue Granville

Semaine du lundi le 15 mars 2010

Le 19 mars 1974, la ville de Vancouver acquiert l’Orpheum, salle de spectacle dont les portes avaient ouvert 47 ans plus tôt, et entreprend de le restaurer. Le propriétaire précédent avait voulu remplacer la grande salle par plusieurs petites salles, mais le Community Arts Council de Vancouver et le maire de la ville avaient riposté avec une grande campagne pour sauver l’édifice. Cette campagne permet de recueillir 3,9 millions de dollars, donnant à la ville les moyens d’acheter les lieux et de consacrer deux millions de dollars aux rénovations. L’édifice rouvre le 2 avril 1977 et devient le siège de l’Orchestre symphonique de Vancouver.

L'Orpheum
© Bibliothèque et Archives Canada / Albertype Company / PA-031519
En 1927, lorsque l’Orpheum ouvre dans la rue Granville, il est le plus grand cinéma du Canada. L’architecte Marcus Priteca affirme que son œuvre est inspiré du style Renaissance espagnole; toutefois, celui-ci intègre des éléments stylistiques d’autres courants dans la conception du bâtiment (baroque, gothique et mauresque de l’Afrique du Nord). La moquette luxueuse et le décor flamboyant, notamment le chandelier de 1 300 kg et l’orgue Wurlitzer de 60 000 $, créent une atmosphère opulente où la classe moyenne aime s’évader. Lorsque le théâtre Orpheum ouvre pour la première fois, il en coûte entre 0,25 et 0,85 $ pour voir un film et assister à huit ou neuf spectacles de variétés mettant en scène des animaux, des danseurs et des acrobates. Bien des artistes montent sur ces planches, dont Frank Sinatra et Joan Sutherland. Des courts métrages sont également présentés dans le cadre des spectacles de variétés.

Quatre ans seulement après son ouverture, en raison de la popularité croissante des longs métrages et des difficultés engendrées par la dépression, l’Orpheum délaisse les spectacles de variétés au profit des courts métrages. Pendant les années 1930, les propriétaires déploient des efforts considérables pour éviter la fermeture du cinéma : ils baissent les prix et commencent à présenter des programmes doubles pour retenir les clients. Le cinéma ferme néanmoins brièvement ses portes en 1931. 

Intérieur de l'Orpheum
© Avec la permission de Vancouver City Theatres

Le projet de démolition de l’Orpheum soulève l’indignation du public en 1973. La ville de Vancouver, grâce à des dons et des subventions du secteur public et privé ainsi qu’à des loteries et de vastes campagnes de financement, réussit à acheter la place. Pour répondre aux besoins de l’Orchestre symphonique de Vancouver, la scène est agrandie, une coquille acoustique est ajoutée et plusieurs salles de répétition et aires de repos sont aménagées à l’arrière-scène. Le décorateur d’origine, Tony Heinsbergen, est recruté pour peindre une superbe murale sur la coupole du théâtre.
 
Le théâtre Orpheum est désigné un lieu historique national en 1979. Il constitue un exemple remarquable des salles de cinéma richement décorées des années 1920. Il est le siège de l’Orchestre symphonique de Vancouver, du Vancouver Bach Choir, du Vancouver Chamber Choir, du Vancouver Cantata Singers, de la Vancouver Recital Society et du Entertainment Hall of Fame de la Colombie-Britannique.

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