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La lutte contre l’esclavage du révérend Richard Preston

Semaine du lundi le 15 février 2010

Le 15 février 1831, le révérend Richard Preston arrive en Angleterre pour y suivre une formation de ministre baptiste. Une fois ses études terminées, il regagne la Nouvelle-Écosse. Il y deviendra un membre clé de la communauté noire.

Né en Virginie, aux États-Unis, vers 1791, Richard Preston compte parmi ces rares esclaves qui parviennent à acheter leur liberté. Il gagne la Nouvelle-Écosse en 1816 dans l’espoir d’y retrouver sa mère qui, comme bien d’autres d’Afro-Américains, s’est réfugiée au Canada pendant la guerre de 1812 pour échapper à l’esclavage. Le hasard fait bien les choses, et Preston et sa mère sont réunis dans la petite communauté noire de Preston, près de Halifax. C’est grâce à une cicatrice qu’il porte au visage que Preston est reconnu par sa mère. Dans sa joie, celui-ci décide de s’installer à Preston et, selon certains, prend alors le nom de la communauté.

Peu après son arrivée à Halifax, Preston se joint à la congrégation du révérend John Burton et devient l’apprenti pastoral de ce dernier. Il commence à circuler dans les communautés noires environnantes et y recrute de nombreux adeptes grâce à son intelligence et à son sens de l’humour. Toutefois, pour pouvoir célébrer les mariages, Preston doit être ordonné ministre. La communauté recueille donc suffisamment d’argent pour payer son passage en Angleterre pour qu’il aille y achever sa formation. Pendant son séjour là-bas, il se rallie à un mouvement qui cherche à abolir l’esclavage à l’échelle mondiale et par la suite, continue à s’engager dans le combat pour faire reconnaître l’égalité des droits.

Église baptiste de la rue Cornwallis (Cornwallis Street Baptist Church) 
© Cornwallis Street Baptist Church
À son retour à Halifax en 1832, Preston entame la construction de sa première chapelle, l’église baptiste de la rue Cornwallis. L’endroit devient rapidement un lieu de rassemblement social très populaire parmi les Néo-Écossais de race noire. Il fonde par la suite 13 églises dans d’autres communautés noires de la Nouvelle-Écosse. Dans bon nombre de ses sermons, il répète que la doctrine chrétienne s’oppose aux concepts et aux pratiques de l’esclavage.

Outre ses fonctions de ministre et le rôle clé qu’il joue au sein de la communauté noire de la Nouvelle-Écosse, Preston forme l’African Abolition Society en 1846 et crée l’African Baptist Association (ABA) en 1854. Le mandat de l’ABA consiste à renforcer la communauté noire de la Nouvelle‑Écosse par la création d’églises ainsi qu’à mettre fin à l’esclavage dans le monde et à défendre l’égalité des droits.

Le révérend Richard Preston meurt en 1861. Sa plus grande réalisation, l’ABA, continue d’exister sous le nom de African United Baptist Association et sert toujours les intérêts des communautés noires de la Nouvelle-Écosse. En raison du rôle primordial, sur le plan religieux et social, qu’il a joué au sein de la communauté noire du Canada, le révérend Richard Preston a été désigné personne d’importance historique nationale en 2005.

Février est le Mois de l’histoire des Noirs. Si ce sujet vous intéresse, consultez Thornton et Lucie Blackburn mettent à l’épreuve la Loi sur les criminels fugitifs.

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