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La légendaire Harriet Tubman

Semaine du lundi le 8 mars 2010

Le 10 mars 1913, Harriet Tubman meurt d’une pneumonie. Elle se trouve alors au Harriet Tubman Home for the Aged and Indigent Colored People à Auburn, dans l’État de New York, centre qu’elle a ouvert cinq années plus tôt. Désavantagée par sa race, son sexe et son statut, Harriet a surmonté de nombreux obstacles au cours de sa vie et, en raison des efforts qu’elle a déployés pour libérer des esclaves afro-américains du Sud des États-Unis, elle est devenue un symbole légendaire du chemin de fer clandestin en Amérique du Nord britannique.

Lieu historique national du Canada de la Chapelle Salem de la British Methodist Episcopal, St. Catharines (Ontario)
© Parcs Canada / S. Ricketts / 1998

Harriet Tubman naît esclave entre 1820 et 1823 dans le comté de Dorchester, au Maryland. Comme elle préfère travailler en plein air, Harriet s’affaire dans les champs, conduit des charrettes et laboure la terre. Grâce à ce travail, elle développe ses forces et apprend à connaître le paysage et à survivre à l’extérieur, des attributs qui lui seront utiles dans ses voyages avec le chemin de fer clandestin.

Harriet réussit à échapper à son propriétaire en 1849, et elle est bien décidée à aider d’autres esclaves à en faire autant. Elle s’installe à Philadelphie, où elle apprend l’existence du chemin de fer clandestin et établit des relations précieuses avec d’autres guides, des activistes anti-esclavagistes et des propriétaires de maisons sûres. En 1850, elle effectue son premier retour dans le Sud des États-Unis. Au fil des ans, elle guide vers le Nord environ 300 personnes fuyant l’esclavage. Au début, Harriet ramène les réfugiés avec elle à Philadelphie et travaille pour subvenir à leurs besoins et mettre de l’argent de côté pour retourner dans le Sud secourir d’autres esclaves. Toutefois, après l’entrée en vigueur de la Fugitive Slave Law aux États-Unis en 1850, législation qui menace la liberté des Noirs du Nord, Harriet commence à escorter les réfugiés jusqu’à St. Catharines, en Ontario, ville qu’elle habite de 1851 à 1857.

Harriet Tubman (à gauche), avec des réfugiés qu’elle a aidés
© Bettmann Archives Inc.

À St. Catharines, Harriet se joint à différents groupes anti-esclavagistes, notamment la Refugee Slaves’ Friends Society et la Fugitive Aid Society, et guide jusqu’à St. Catherines beaucoup d’esclaves en fuite qui s’installent dans cette ville. Elle loue une maison derrière la chapelle Salem pour y accueillir ces esclaves et demeure active au sein de la communauté des réfugiés.

Le secret étant essentiel à la survie d’Harriet, le mystère plane sur huit ans de sa vie pendant lesquels elle est active au sein du chemin de fer clandestin. Reconnue comme étant le guide qui a eu le plus de succès sur le chemin de fer clandestin, Harriet porte une arme à feu pour se protéger et défendre ses charges contre les chasseurs d’esclaves. Elle se sert également de cette arme pour empêcher les réfugiés de rebrousser chemin. Ces histoires, ainsi que les anecdotes que répandent Harriet et ses partisans, contribuent à lui conférer un statut mythique.

Harriet Tubman a été désignée personne d’importance historique nationale en 2005 en reconnaissance de sa contribution au mouvement abolitionniste en Amérique du Nord britannique, un événement d'importance historique nationale, et pour avoir conduit des esclaves en fuite jusqu’à St. Catharines, en Ontario.

Pour en savoir plus au sujet du chemin de fer clandestin, lisez Un endroit bien à eux, La voix de la liberté, Thornton et Lucie Blackburn mettent à l’épreuve la Loi sur les criminels fugitifs, Shadrach Minkins et Mary et Henry Bibb, un couple angagé 

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