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Commémoration des travailleurs chinois du rail

Cette histoire est parue à l'origine en 2000

Le 25 septembre 1982, une plaque est dévoilée à Yale, en Colombie-Britannique, pour commémorer les milliers de travailleurs chinois qui ont participé à la construction du chemin de fer Canadien Pacifique.

Des chinois au travail sur le chemin de fer, 1884

Des Chinois au travail sur le chemin de fer, 1884
© Bibliothèque et Archives Canada / C-6686B

La Colombie-Britannique entre dans la Confédération en 1871. Son adhésion à l'Union joue notamment sur la promesse d'un lien ferroviaire avec le reste du Canada. À l'époque, beaucoup de colons européens sont hostiles aux Chinois venus s'installer au pays depuis la ruée vers l'or et jugent qu'ils constituent une « main-d'oeuvre bon marché » et donc une « concurrence déloyale ». À leurs yeux, les Chinois sont des « personnes en séjour », des travailleurs temporaires vivant de peu qui envoient la plupart de leur salaire à leurs familles en Chine, qu'ils comptent regagner un jour.

Bien des gens sont d'avis que les Chinois volent des emplois aux Canadiens d'origine européenne. La Colombie-Britannique tente plusieurs fois, au fédéral comme au provincial, d'interdire l'embauchage de Chinois dans les travaux publics. Andrew Onderdonk, entrepreneur chargé de construire une voie ferrée à partir de Port Moody et à travers le canyon du fleuve Fraser un tronçon qui présentait des passages difficiles tente d'éviter d'engager des Chinois, mais il ne tarde pas à constater qu'une pénurie de main-d'oeuvre sévit en Colombie-Britannique. Le premier ministre John A. MacDonald fait savoir aux autorités provinciales que, sans l'aide des Chinois, il sera impossible d'achever le chemin de fer dans un délai raisonnable.

Un camp de travail pour les travailleurs chinois<br>à Kamloops, Colombie-Britannique

Un camp de travail pour les travailleurs chinois
à Kamloops, Colombie-Britannique

© Bibliothèque et Archives Canada / C-16715

Les Chinois travaillent fort, mais sont rémunérés la moitié de ce que reçoivent les Canadiens d'origine européenne. Ils doivent en outre payer leurs propres provisions et rembourser aux entrepreneurs chinois le coût de leur transport. Ils parviennent néanmoins à envoyer de l'argent à leurs familles. La plupart sont originaires des provinces de Guangdong et de Fujian, ravagées par des années de guerre civile et de conflits sociaux depuis la fin de la guerre de l'Opium avec la Grande-Bretagne.

Le travail est dangereux. Beaucoup de travailleurs tombent malades ou meurent dans les effondrements dans les tunnels ou à la suite d'explosions. La nourriture manque souvent et les Chinois ne sont pas habitués à l'hiver rigoureux dans le canyon du Fraser. Personne ne sait au juste combien de travailleurs chinois sont morts pendant la construction du chemin de fer, mais selon les compte rendus officiels, le nombre de victimes est estimé à près de 600.

Plus de 15 000 travailleurs chinois ont été recrutés pour la construction du chemin de fer Canadien Pacifique. Les travailleurs chinois du chemin de fer Canadien Pacifique ont joué un rôle important dans l'histoire de la Colombie-Britannique et ont été jugés d'importance historique nationale.

Pour plus d'information au sujet de l'expérience des Sino-Canadiens au Canada, consultez Le racisme légal, qui traite de la taxe d'entrée imposée aux Chinois.

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