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« Le commerce est libre! Vive la liberté! »

Semaine du lundi le 17 mai 1999

Le 17 mai 1849 commençait le procès du commerçant métis, Pierre-Guillaume Sayer, au tribunal trimestriel général d'Assiniboia dans la colonie de la Rivière-Rouge. Ce procès allait mettre fin au monopole de la Compagnie de la Baie d'Hudson et rendre le commerce libre dans la région.

Louis Riel père (à droite) avec un homme identifié comme Guillaume Sayer

Louis Riel père (à droite) avec un homme identifié
comme Guillaume Sayer

© Archives provinciales du Manitoba / N1445-1446

Au début du 19e siècle, les Métis étaient présents dans presque toutes les régions du Canada, mais c'est dans les Prairies qu'ils exerçaient surtout leur influence. Dans la colonie de la Rivière-Rouge, faisant alors partie de la Terre de Rupert et maintenant du Manitoba, ils constituaient la vaste majorité de la population. Un grand nombre de Métis, descendants de commerçants européens de fourrures et de femmes autochtones, travaillaient pour la Compagnie du Nord-Ouest (CNO), la plus grande rivale de la Compagnie de la Baie d'Hudson (CBH). Contrairement à la CBH, la CNO encourageait les Métis à conserver leurs coutumes et à continuer de chasser le bison. Après la fusion des deux compagnies en 1821, les Métis perdirent certaines libertés, notamment la possibilité de faire des affaires avec les commerçants américains. La CBH, qui depuis 1670, année de sa constitution, avait dominé le commerce des fourrures au Canada, détenait dorénavant un monopole sur une superficie de plus de 300 000 kilomètres carrés.

Les Métis jugèrent que la CBH employait des méthodes injustes et ils continuèrent de faire commerce avec les autres compagnies, comme ils le faisaient avant le monopole. Contrariée par cette attitude, la CBH arrêta quatre Métis, dont Sayer, en 1849. Elle les accusa de vendre des fourrures aux Américains. Le procès de Sayer débuta le jour de l'Ascension, une fête religieuse importante pour les Métis. Après la messe à la cathédrale de Saint-Boniface, Louis Riel, père du célèbre chef métis du même nom, incita les fidèles à libérer Sayer. Trois cents Métis, dont bon nombre armés, se réunirent à l'extérieur du tribunal.

Des commerçants métis vers 1872-1875

Des commerçants métis vers 1872-1875
© BAC / PA-4164

Bien que le jury l'ait déclaré coupable, le juge John Ballenden de la CBH, craignant un soulèvement de l'importante population métis, ne lui imposa aucune peine. Sayer fut par conséquent libéré et les autres Métis ne furent pas jugés. Louis Riel père exprima la joie de la foule en criant « Le commerce est libre! Vive la liberté! ».

Fort Garry, où se déroula le procès, ainsi que les forts Rouge et Gibraltar, sont commémorés au moyen d'une plaque installée à Winnipeg, reconnaissant leur importance à titre de postes de traite. De plus, de nombreux lieux historiques relatent l'histoire des Métis, dont les plus marquants sont sans conteste, la Maison-Riel à Winnipeg et Batoche en Saskatchewan.

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