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Première enseignante de la Saskatchewan

Cette histoire est parue à l'origine en 2007

Mlle Onésime Dorval décède à Duck Lake, en Saskatchewan, le 10 décembre 1932 après 55 ans de travail missionnaire dans l’Ouest. Dans sa jeunesse, Onésime souhaite devenir religieuse, mais sa santé fragile l’oblige à renoncer à son rêve. Elle promet de consacrer sa vie à l’œuvre de Dieu si elle récupère la santé. Après un rétablissement étonnant, Mlle Dorval communique avec les Oblats, qui lui font part du manque de missionnaires dans le Nord-Ouest du Canada. Répondant à l’appel, Mlle Dorval quitte le Québec, sa province natale, en 1877, en direction de Saint‑Boniface, au Manitoba.

L'école St-Antoine, à Batoche, où Mlle Dorval enseigne de 1896 à 1914

L'école St-Antoine, à Batoche, où Mlle Dorval enseigne de 1896 à 1914
© Avec la permission du Saskatchewan Archives Board

Onésime Dorval s’établit d’abord au Manitoba pendant deux ans, puis poursuit sa route jusqu’en Saskatchewan, en chariot de la rivière Rouge. Tout au long de ce périple éprouvant de deux mois et demi, Mlle Dorval conserve sa bonne humeur. Elle consigne dans son journal son émerveillement devant les paysages qu’elle découvre et y raconte ses explorations à pied et ses méditations lorsqu’elle prend de l’avance sur la caravane. Entre 1881 et 1920, Mlle Dorval ouvre des écoles et enseigne à St-Laurent-de-Grandin, à Battleford et à Batoche. En plus d’enseigner dans la maison-école de Batoche, elle travaille comme ménagère chez le prêtre local et offre la pension aux enfants vivant à une trop grande distance de marche de l’école.

Souvent nommée « première enseignante certifiée » de la Saskatchewan, Mlle Dorval est aussi l’une des rares enseignantes bilingues de l’Ouest. Afin de répondre aux besoins de la grande population métisse, la Loi sur les territoires du Nord-Ouest, adoptée en 1875, garantit l’accès à l'instruction en langue française grâce à un réseau d’éducation publique protestant anglais et catholique français. Mlle Dorval joue un rôle de premier plan dans le maintien de ce réseau bilingue. Cependant, en 1919, les droits des minorités francophones sont abolis, et jusqu’en 1960, l’enseignement en français n’est autorisé qu’à raison d’une heure par jour.

Mademoiselle Dorval
Mademoiselle Dorval
© Parcs Canada
Mlle Dorval prend sa retraite de son poste au pensionnat indien de St. Michael en 1921. Puisqu’elle a toujours versé la totalité de ses revenus aux pères oblats, ceux-ci la considèrent comme un membre à part entière de l’ordre et subviennent à ses besoins après sa retraite. L’article nécrologique qui lui est consacré dans le Star Phoenix témoigne de sa « mémoire prodigieuse, de son jugement profond, de sa jovialité et de sa piété remarquable ». Ses élèves se souviennent d’elle comme d’une femme stricte, mais patiente. Apparemment, elle distribuait des gâteries après la messe du dimanche et tolérait un comportement espiègle à une époque où l’on attendait des enfants qu’ils se tiennent tranquilles. Fervente catholique, Mlle Dorval a tenté de « civiliser » les Autochtones et les Métis. Même si elle ne comprenait pas leur résistance aux valeurs qu’elle défendait, elle faisait preuve, semble-t-il, de générosité et de compassion à l’endroit de tous. Mademoiselle Onésime Dorval a été désignée personne d’importance historique nationale en 1954.

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