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Gravelbourg, centre culturel des Fransaskois

Cette histoire est parue à l'origine en 2004

Louis-Pierre Gravel naît à Arthabaska (Québec) le 8 août 1868. Celui qui deviendra l’abbé Gravel contribuera, en tant que missionnaire-colonisateur, à l’établissement et à l’épanouissement de communautés francophones dans le sud de la Saskatchewan.

Louis-Pierre Gravel
© Saskatchewan Archives Board / R-A19813

Avec le commerce des fourrures, des francophones viennent s'établir dans les Prairies. Toutefois, au début du 20e siècle, ils sont disséminés sur cet immense territoire.  À la même époque, des milliers de Canadiens français quittent chaque année le Québec pour gagner la Nouvelle-Angleterre. L'abbé Gravel est l'un des premiers à prendre conscience de cette vague d'émigration inquiétante et lance au Québec un mouvement pour détourner les Canadiens français vers l'Ouest canadien. Il entreprend même une tournée en Nouvelle-Angleterre pour convaincre les Canadiens français exilés là-bas de revenir au Canada pour s'établir dans l'Ouest.

Afin de protéger la culture franco-catholique, l’archevêque de Saint-Boniface (Manitoba), Mgr Langevin, rêve de fonder, avec ces Québécois et leurs compatriotes des Prairies, plusieurs paroisses entre Weyburn et les Rocheuses, dans le sud de ce qui deviendra, en 1905, la Saskatchewan. Pour mener son projet à bien, Mgr Langevin fait appel à l’abbé Gravel qui, depuis 1892, exerce son ministère auprès des Franco-Américains. Dès 1906, quelques colons commencent à s’installer dans le secteur de la rivière La Vieille et, en 1907, la paroisse Sainte-Philomène de Gravelbourg devient une réalité.

De nombreuses institutions visant à former une élite locale à Gravelbourg voient rapidement le jour. L’abbé Gravel joue un rôle central dans ces fondations. Il fait venir plusieurs communautés religieuses autour desquelles se greffe la culture fransaskoise. Ainsi, en août 1915, cinq religieuses de Jésus-Marie viennent fonder une école primaire dans le petit village, ce qui entraîne la construction d’un couvent monumental entre 1917 et 1927. Avec le Jardin Notre-Dame et le Collège Mathieu, qui ouvre ses portes en 1917 et qui existe encore aujourd’hui dans un nouvel édifice, les jeunes Gravelbourgeois bénéficient dès lors d’écoles où ils peuvent poursuivre leurs études en français. Par ailleurs, en 1918-1919, un évêché et une église, Notre-Dame de l’Assomption, surnommée la « Cathédrale des blés », sont construits l’un à côté de l’autre. Par la suite, d’autres institutions sont créées grâce à l’abbé Gravel, qui poursuit son travail de pionnier jusqu’à sa mort en 1926.

Cathédrale Notre-Dame de l'Assomption et l'évêché
© Saskatchewan Archives Board / R-A19780

En 1956, Louis-Pierre Gravel est désigné personne d’importance historique nationale en raison du rôle qu'il a joué dans la création de ces institutions. Grâce à lui, Gravelbourg est devenue « La Mecque des Fransaskois ». Le couvent, l’évêché et la cathédrale ont été désignés comme lieux historiques nationaux par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada en 1995.

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