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L'Odyssée des Acadiens

Cette histoire est parue à l'origine en 2004

Le collège Saint-Joseph, qui deviendra plus tard l'Université de Moncton, ouvre ses portes le 10 octobre 1864. L'ouverture de cet établissement d'enseignement supérieur marque un tournant important dans l'histoire des Acadiens.

Le Monument-Lefebvre
© Parcs Canada

En 1764, la Grande-Bretagne autorise les Acadiens, déportés depuis 1755 dans les colonies britanniques, à revenir s'établir dans les provinces atlantiques à condition qu'ils prêtent le serment d'allégeance et qu'ils se dispersent en petits groupes. Écartés du pouvoir politique, les Acadiens ne peuvent faire autrement que de s'isoler afin de conserver leur langue, leur foi et leur culture pendant tout le siècle suivant leur retour d'exil.

La deuxième moitié du 19e siècle marque toutefois le début de la renaissance acadienne. Alors que les Britanniques s'identifient de plus en plus à la nationalité canadienne, les Acadiens se considèrent comme un peuple distinct avec des aspirations et des besoins particuliers. Selon l'abbé François-Xavier Lafrance, les Acadiens n'ont jamais été traités équitablement dans le domaine de l'éducation, ce qui l'amène à fonder en 1854 le séminaire Saint-Thomas de Memramcook, au Nouveau-Brunswick. Cette institution ferme toutefois ses portes en 1862, faute de soutien de l'épiscopat.

Heureusement, le père Camille Lefebvre, de la congrégation de Sainte-Croix, arrive à Memramcook en 1864 et prend la relève de l'abbé Lafrance. La même année, il fonde le collège Saint-Joseph, premier établissement d'enseignement supérieur de langue française de la région de l'Atlantique. Chaque année, les inscriptions au nouveau collège catholique augmentent. Une élite acadienne issue de cette institution se met tranquillement à revendiquer ses droits. En 1881, elle se réunit au collège Saint-Joseph dans le cadre de la première Convention nationale acadienne. Il en résulte un plan visant à assurer la survie, la consolidation et la croissance de la culture acadienne.

Salle de spectacle du         Monument-Lefebvre
© Parcs Canada

Épuisé, le père Lefebvre meurt en janvier 1895, après avoir dirigé pendant 31 ans le collège Saint-Joseph. Les anciens de cette institution décident, le mois suivant son décès, d'ériger un édifice à sa mémoire. La construction de ce bâtiment plus moderne, nommé Monument-Lefebvre, se termine en juin 1897. L'inauguration officielle est soulignée par de nombreux discours faisant l'éloge du père Lefebvre ainsi que par des concerts et des petites pièces de théâtre, présentés dans la salle de spectacle réputée pour sa qualité acoustique. La présence du Monument-Lefebvre, qui fait partie du collège Saint-Joseph, donne un regain de vie aux activités communautaires, culturelles et artistiques de l'institution, puis permet d'attirer une nouvelle clientèle scolaire.

En 1994, le Monument-Lefebvre a été désigné un lieu d'importance historique nationale.

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