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Le « Pony Express » de la Nouvelle-Écosse

Cette histoire est parue à l'origine en 2002

Le 8 mars 1849, des cavaliers rivaux traversent la Nouvelle-Écosse à bride abattue dans le cadre de la deuxième chevauchée du « Pony Express » de la Nouvelle-Écosse. Plus de 10 ans avant son célèbre homologue américain, l'Express joue un rôle essentiel dans la transmission des nouvelles entre la Grande-Bretagne et les États-Unis.

Halifax à l'époque du « Pony Express »

Halifax à l'époque du « Pony Express »
© BAC / J. S. Clow / C-042271

Le « Pony Express » de la Nouvelle-Écosse voit le jour longtemps avant l'ère de la communication instantanée via satellite. À l'époque, les nouvelles d'Europe parviennent au Canada et aux États-Unis grâce aux navires de la Cunard. Chaque semaine, des vapeurs font la traversée de Liverpool, en Angleterre, jusqu'en Amérique du Nord, transportant passagers, courrier et journaux britanniques. Étant le premier port d'escale en Amérique du Nord, Halifax reçoit les nouvelles — et de précieux renseignements sur les marchés financiers européens — plusieurs jours avant les villes des États-Unis.

Voyant là une occasion à saisir, l'Associated Press (AP), une coopérative regroupant six journaux new yorkais, conçoit un « Pony Express » faisant appel à des hommes à cheval. L'AP veut rapporter les nouvelles arrivées d'Europe à bord des navires de la Cunard jusqu'à Victoria Beach, à l'embouchure du chenal Digby, à 232 kilomètres de Halifax, « aussi rapidement qu'un cheval peut le faire sans y laisser la vie! ». Pour plus de rapidité, les cavaliers changent de monture tous les 19 kilomètres et cèdent la place à un collègue à Kentville, à mi-trajet environ. Une fois à Victoria Beach, les nouvelles sont acheminées par vapeur de l'autre côté de la baie de Fundy, jusqu'à Saint-Jean, puis télégraphiées à Boston et à New York. En récompense de tous ces efforts, l'AP peut souvent publier les toutes dernières nouvelles une journée entière avant ses concurrents.

Un vapeur près du chenal Digby

Un vapeur près du chenal Digby
© BAC / Alexander Cavalié Mercer / C-013774

Le premier parcours de l'Express, effectué le 21 février 1849, remporte suffisamment de succès pour justifier la création d'au moins un autre « Express ». Ces cavaliers, qui galopent à la vitesse sans précédent de 29 kilomètres l'heure, suscitent beaucoup d'enthousiasme en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, et les journaux locaux suivent avidement leur périple hebdomadaire. La concurrence est féroce : un jour, un groupe de spéculateurs coupe une partie de la ligne du télégraphe, empêchant l'AP de télégraphier les nouvelles. En fin de compte, l'Express de l'AP aura gain de cause. En dépit du coût — chaque parcours coûte plus de 1 000 dollars — l'AP maintiendra l'Express en opération pendant neuf mois, jusqu'à ce que le télégraphe arrive à Halifax, éliminant la nécessité d'un « Pony Express ».

Pour son rôle fascinant dans la transmission des nouvelles, le Pony Express de la Nouvelle-Écosse a été désigné événement d'importance historique nationale. Sir Samuel Cunard, fondateur de la compagnie de bateaux à vapeur Cunard, est une personne d'importance historique nationale.

Pour en savoir davantage, voir le site Web du Pony Express de la Nouvelle-Écosse (en anglais seulement). Pour plus d'information sur sir Samuel Cunard, consulter la sélection de Cette semaine en histoire Le premier vapeur de la Cunard.

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