Cette semaine en histoire

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Un romantique canadien-français

Cette histoire est parue à l'origine en 2007

Louis Fréchette décède à Montréal le 31 mai 1908 à l’âge de 68 ans. Né le 16 novembre 1839 à Pointe-Lévis au Québec, Fréchette fait carrière comme journaliste, avocat et homme politique, mais souhaite par-dessus tout être reconnu pour ses talents de poète et de dramaturge.

Louis Fréchette
Louis Fréchette
© Bibliothèque et Archives Canada / C-002065
Après des études classiques, il se lance à la fois en droit et journalisme. Il écrit en 1862 sa première pièce de théâtre, Félix Poutré, qui raconte l’histoire d’un Patriote qui feint la folie pour échapper à l’échafaud. Né tout juste après les Rébellions de 1837-1838, il partage les idées politiques et sociales de cette époque. Tout comme son idole, l’écrivain français Victor Hugo, Fréchette s’implique dans la politique. Il est un adversaire déclaré de la Confédération canadienne qui se réalisera en 1867. En signe de protestation, il s’exile en novembre 1867 à Chicago où il écrit son poème le plus connu : La Voix d’un exilé (1867-1869). Dans ses écrits, il choisit le style romantique à une époque où le classicisme est de rigueur.

Fréchette regagne le Québec en 1871. Il entre alors en politique, pour le Parti libéral fédéral. Il est élu député de Lévis en 1874, mais ne siègera que quatre ans. Durant ce mandat, il publie son deuxième recueil de poèmes, Pêle-mêle : fantaisies et souvenirs poétiques, dont il envoie plusieurs exemplaires à des personnalités françaises. Il soumet par la suite deux recueils à l’Académie française. Il reçoit en 1880, le prix Montyon, remis pour la première fois à un auteur qui n’est pas Français. Ses adversaires se complaisent à dire que ce sont ses idées républicaines, et non son talent, qui lui ont valu cette distinction. 

Le poème La mort, mon dernier sonnet, signé de la main de Fréchette
Le poème La mort, mon dernier sonnet, signé de la main de Fréchette
© Bibliothèque et Archives Canada / MG29-D40
Il tente de poursuivre sa carrière de journaliste, mais préfère s’exiler une fois de plus en 1887, à Paris, avec sa famille. Il écrit alors La Légende d’un peuple, qui relate l’histoire du Québec. La même année, il doit retourner au Canada pour des raisons de santé. Ses idées libérales, républicaines et laïques lui attirent les foudres des critiques. Malgré tout, il continue à écrire et à publier et reçoit quatre doctorats honorifiques d’universités canadiennes. Louis Fréchette est aussi un membre fondateur de la Société royale du Canada, dont il est élu président en 1900.

Pour sa longue carrière littéraire et publique, ponctuée de controverses, de polémiques, mais aussi de grands honneurs, Louis Fréchette a été désigné personne d’importance historique nationale en 1937. Il demeure l’un des plus grands poètes canadiens-français du XIXe siècle.

Mai est le mois du patrimoine asiatique. Pour en connaître plus sur l'histoire asiatique du Canada, veuillez consulter les textes suivants dans les archives de Cette semaine en histoire : La promesse, Assez, c’est assez!, L’incident du Komagata Maru, Commémoration des travailleurs chinois du rail, Du saumon en boîte, En quête d’un avenir meilleur, Un épisode tragique de notre histoire et Une harmonie de cultures.
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