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Des espions soviétiques au Canada

Cette histoire est parue à l'origine en 2000

Le 15 février 1946, après une enquête approfondie sur la présence d'espions soviétiques au Canada, le premier ministre William Lyon Mackenzie King fait une annonce stupéfiante 13 Soviétiques soupçonnés d'espionnage ont été arrêtés au Canada.

Entrevue avec Gouzenko

Entrevue avec Gouzenko
© Bibliothèque et Archives Canada

Dans la nuit du 5 septembre 1945, Igor Gouzenko, un commis au chiffre de l'ambassade soviétique à Ottawa, réunit une centaine des documents les plus secrets de son employeur et se met en quête de liberté. Après une nuit tendue, Gouzenko, poursuivi par le KGB et incapable de convaincre les autorités canadiennes de sa bonne foi, est placé sous la protection de la Gendarmerie royale du Canada. Après l'annonce de King, 26 autres suspects sont arrêtés, dont le député Fred Rose. La plupart seront acquittés, mais leur arrestation déclenche une vague de quasi hystérie au Canada face à la menace que l'Union soviétique (URSS) et le communisme font peser sur la démocratie occidentale. La guerre froide, qui sévit déjà ailleurs, vient de gagner le Canada.

La méfiance qui règne entre l'URSS et les démocraties occidentales a engendré un cercle vicieux de récriminations mutuelles et de tension croissante. L'Alliance victorieuse qui eu raison de l'Allemagne nazie n'existe plus. En 1948, un « rideau de fer » sépare les États satellites de l'Europe de l'Est des démocraties occidentales.

Craignant que l'URSS et ses alliés communistes ne s'emparent de l'Europe de l'Ouest, démoralisée et dévastée par la guerre, le secrétaire d'État aux Affaires extérieures du Canada, Louis Saint-Laurent, propose une alliance économique et militaire entre les démocraties de part et d'autre de l'Atlantique lors de l'assemblée générale des Nations Unies en 1947. Pendant la plus grande partie de 1948, le sous-secrétaire d'État aux Affaires extérieures, Lester B. Pearson, esquisse la nouvelle alliance avec ses homologues des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Au bout du compte, ils décident d'inviter d'autres pays de l'Europe de l'Ouest à se joindre à eux.

Pearson en train de signer le traité de l'OTAN

Pearson signant le traité de l'OTAN
© OTAN 123230

C'est ainsi que naît le traité de l'Atlantique Nord du 4 avril 1949, dont les signataires s'engagent à s'entraider en cas d'agression majeure. En 1950, le Canada, les États-Unis et les signataires européens créent l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) chargée d'exécuter les dispositions du traité. Première alliance militaire conclue par le Canada en temps de paix, l'OTAN marque un grand virage dans la politique étrangère canadienne.

Le rôle du Canada dans la conclusion du traité de l'Atlantique Nord est un événement d'importance historique nationale. William Lyon Mackenzie King, Louis Saint-Laurent et Lester B. Pearson, tous associés à l'OTAN, ont été désignés des personnes d'importance historique nationale.

Pour plus d'information sur Saint-Laurent et sur les origines de l'OTAN, veuillez voir le lieu historique national Louis-S.-St-Laurent.

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