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Au feu!

Cette histoire est parue à l'origine en 1999

Le 3 février 1916 en soirée, les flammes engouffrent l'édifice du Centre sur la colline du Parlement. Pratiquement du jour au lendemain, le Canada se retrouve sans foyer législatif.

Les édifices en feu

Les édifices en feu
© Bibliothèque et Archives Canada

C'est la reine Victoria qui a désigné Ottawa comme capitale du nouveau pays né de l'union du Haut et du Bas-Canada (aujourd'hui l'Ontario et le Québec). L'endroit ne manque pas de romantisme. Les édifices du Parlement, construits en 1859 dans le style gothique, s'élèvent à 45 mètres au-dessus du confluent de la rivière des Outaouais et du canal Rideau. Ces édifices continueront de servir de Parlement après la Confédération.

L'incendie, qui fait rage pendant deux jours, fait des morts et des blessés. Les gens évacuent l'édifice en toute hâte. Le premier ministre, sir Robert Borden, quitte les lieux à quatre pattes! Des documents administratifs sont retrouvés à 400 mètres de distance. Dans l'air froid, l'eau projetée par les sapeurs se transforme en glace, prêtant aux ruines un aspect fantomatique. Seule la bibliothèque est sauvée, grâce à un employé qui en a fermé les portes coupe-feu en acier.

Seulement la bibliothèque a survécu

Seule la bibliothèque demeure
© Bibliothèque et Archives Canada

Comme l'incident se produit en pleine Première Guerre mondiale, bien des gens croient qu'il s'agit d'un incendie criminel. Certains vont jusqu'à accuser des espions allemands! Il faut rebâtir rapidement le Parlement pour éviter que les Canadiens se sentent vulnérables. Le gouvernement déménage au Musée commémoratif Victoria (aujourd'hui le Musée canadien de la nature) pendant la reconstruction de l'édifice du Centre. Le nombre de députés étant en plein essor, le nouvel édifice se doit d'être plus grand que l'ancien et coûte plus du double.

La Tour de la Paix, qui est ajoutée à la nouvelle construction, abrite les Livres du Souvenir dans lesquels sont inscrits les noms des 114 710 Canadiens morts au combat. D'ailleurs, le plancher de la chapelle de la Tour est fait de pierres provenant de champs de bataille français.

En 1976, la Commission des lieux et monuments historiques du Canada reconnaît l'importance des Édifices du Parlement pour la vie politique de la nation et les désigne comme lieu historique national.

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