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Citoyenneté canadienne : maîtres de notre destinée

Cette histoire est parue à l'origine en 2004

La première Loi sur la citoyenneté canadienne entre en vigueur le 1er janvier 1947. Le Canada a alors l'honneur d'être le premier pays du Commonwealth à établir sa propre citoyenneté, distincte de la citoyenneté britannique. Lors d'une cérémonie officielle tenue le 3 janvier 1947 à la Cour suprême du Canada, 26 personnes reçoivent un certificat de citoyenneté canadienne. Le certificat 0001 est remis au premier ministre Mackenzie King.

Le juge en chef Thibaudeau Rinfret présente le certificat de citoyenneté au premier ministre W. L. Mackenzie King, à la première cérémonie de citoyenneté
Le juge en chef Thibaudeau Rinfret présente le certificat de citoyenneté au premier ministre W. L. Mackenzie King, à la première cérémonie de citoyenneté.
© Chris Lund / Office national du film du Canada. Photothèque / Bibliothèque et Archives Canada / PA-197418

Après la Seconde Guerre mondiale, la fierté que suscite le rôle du Canada dans la victoire donne une nouvelle dimension à l'identité canadienne. Lorsque Paul Martin père, alors ministre du Cabinet libéral, visite le cimetière où sont enterrés les soldats canadiens à Dieppe, en France, il remarque que certains des jeunes hommes et des jeunes femmes qui ont donné leur vie pour la cause n'ont pas une identité définie au sens du droit canadien. Il constate également la grande diversité des noms inscrits sur les pierres. Rêvant d'une société canadienne dont les multiples cultures seraient unies par un objectif commun, comme cela avait été le cas sur les champs de bataille, Martin a l'idée d'une citoyenneté canadienne, concept qu'endosse le premier ministre Mackenzie King.

Avant l'adoption de la Loi, la naturalisation au Canada se limitait à l'octroi du statut de sujet britannique aux nouveaux arrivants ainsi qu’aux personnes nées au pays.  La loi de 1947 précise qui est « Canadien ». En théorie, les Canadiens de naissance et les Canadiens nés à l'étranger jouissent dès lors d'un statut officiel qui leur permet de participer activement aux affaires du Canada. En outre, la Loi accorde aux femmes mariées le contrôle de leur nationalité, celle-ci étant autrefois liée à celle de leur mari.

La première cérémonie de citoyenneté canadienne officielle à la Cour suprême du Canada
La première cérémonie de citoyenneté canadienne officielle à la Cour suprême du Canada.
© Chris Lund / Office national du film du Canada. Photothèque / Bibliothèque et Archives Canada / PA-129262

La Loi résulte de la diversité croissante de la population canadienne. De plus, l'arrivée au pays d'immigrants, tels les personnes déplacées et les réfugiés de l'Europe dévastée par la guerre, soulève quelques questions concernant la naturalisation au Canada. Bien que la nouvelle loi jette les fondations d'une citoyenneté plus inclusive, la controverse entoure toujours divers aspects, dont le traitement de faveur accordé aux sujets britanniques blancs. Le mécontentement du public aboutit à l'adoption, en 1977, de la Loi sur la citoyenneté canadienne, dont les dispositions favorisent l'évolution du Canada en une société de plus en plus multiculturelle.

Bien des changements se sont produits depuis que Mackenzie King a approuvé la première Loi sur la citoyenneté canadienne en 1947. La législation en la matière continue d'évoluer. En qualité d'ancien premier ministre du Canada, William Lyon Mackenzie King a été désigné personne d'importance historique nationale et est reconnu par une plaque érigée à Kitchener, en Ontario.

Pour plus de renseignements sur la citoyenneté et l'immigration, consulter les textes suivants dans les archives de Cette semaine en histoire : La promesse, En quête d'un avenir meilleur, Assez, c'est assez!, Le racisme légal, L'incident du Komagata Maru et Une harmonie de cultures : le Gurdwara d'Abbotsford, C.-B.

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