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L’arbre de la paix de Kondiaronk

Semaine du lundi le 28 juillet 2008

Le 1er août 1701, le chef huron-pétun Kondiaronk s’adresse aux délégués rassemblés à l'occasion d'une importante conférence de paix à Montréal. Cette conférence, qui a débuté le 21 juillet, vise à établir une paix durable entre les Français, la Confédération des Cinq-Nations iroquoises et les nations autochtones de la région des Grands Lacs. Toutefois, au moment où Kondiaronk prend la parole, l'issue des négociations ne s'annonce pas prometteuse. Bien qu’affaibli par la fièvre, Kondiaronk parle pendant deux heures de la nécessité et des avantages de la paix. Après son discours, il est transporté à l’Hôtel-Dieu où il meurt à deux heures du matin le 2 août.

Timbre commémorant le 300e anniversaire de la Grande Paix de Montréal
© Société canadienne des postes (2004). Reproduction autorisée.
Le lendemain, les autorités françaises organisent des funérailles grandioses à l’église Notre-Dame, Kondiaronk ayant été converti à la foi catholique par les Jésuites. Le cortège se compose de 60 soldats français, de 16 guerriers hurons-pétuns aux visages noircis en signe de deuil, de membres du clergé, de six chefs de guerre portant le cercueil recouvert de fleurs, de la famille de Kondiaronk, de guerriers hurons et odawas et de dignitaires français. La mort de Kondiaronk contribue sans doute à insuffler un nouvel esprit de réconciliation à la conférence. Le traité de paix est ratifié le 4 août 1701.

La paix de 1701 met fin à près d’un siècle de guerres entre les nations autochtones du Nord-Est de l’Amérique du Nord. Différentes interprétations ont été données à ces conflits. Alors que certains historiens les attribuent à la concurrence dont les terrains de chasse des animaux à fourrure font l’objet, d’autres y voient des guerres de capture destinées à reconstituer des populations en diminution. L’intervention des Européens et un système d’alliances complexe brouillent davantage la donne de ces conflits impliquant, d’une part, les nations des Grands Lacs, alliées aux Français, et de l’autre, la Confédération iroquoise, alliée à la colonie britannique de New York.

Représantation d'un conflit entre Français et Iroquois au XVIIe siècle
© Bibliothèque et Archives Canada / C-5750
La paix ne fait pas l’affaire de tous. L’entente conclue en 1701 est l’aboutissement de nombreuses années d’efforts de la part de Kondiaronk. Faisant appel à son influence et à ses talents de diplomate, Kondiaronk dissuade ses alliés de mener des expéditions en territoire ennemi et les convainc d’accepter un échange de prisonniers, volet majeur de la plupart des accords de paix conclus entre Premières nations. L’œuvre de Kondiaronk, dont il ne verra malheureusement pas le résultat final, permettra de cultiver « l’arbre de la paix ». Lors d’une rencontre préliminaire en 1700, Kondiaronk avait affirmé : « Aujourd’hui, le Soleil dissipe tous ces nuages pour révéler le magnifique Arbre de la paix qui croît déjà sur le plus haut sommet de la Terre. »

Le Traité de Montréal de 1701, qui apporte la paix à différents peuples sur un vaste territoire géographique, est un événement d’importance historique nationale. Kondiaronk, qui a influé sur le cours des négociations, a aussi été désigné personne d’importance historique nationale.

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